Identité
Type d'oeuvre : Cinéma
Année de sortie dans le pays d'origine : 2022
Date de sortie en France :
- 28/09/2022
Numéro RCA / VISA : 154627
Classification :
- Tous publics - 16/03/2022
Société(s) de production :
Description
Résumé
Quatre ans après l’excellent Ni juge, ni soumise (Magritte et César 2019 du Meilleur documentaire), le duo Jean Libon et Yves Hinant signe son retour avec, non pas un projet inédit, mais une enquête initialement tournée au début des années 2000 pour l’émission franco-belge culte Strip-tease. Portant le doux nom de Poulet frites, cet opus est le fruit d’un récent travail de remontage, réalisé et peaufiné en 2020, au cours du premier confinement. Riche d’images d’archives supplémentaires, cette nouvelle mouture d’une durée d’1h40 synthétise plusieurs mois d’investigation. Mais elle accouche surtout d’un polar d’un nouveau genre. Il serait d’ailleurs utile de préciser que l’étiquette « documentaire » n’est pas des plus judicieuses, tant le résultat tend à troubler les frontières entre la fiction et le réel, chaque protagoniste devenant ici un véritable personnage de cinéma. Tourné en noir et blanc, le film réunit tous les ingrédients et les motifs qui ont fait le sel de Strip-tease, mais également du précédent travail de Libon et Hinant : l’exubérance et l’irrévérence du ton - quitte à parfois déranger le spectateur -, l’autodérision assumée du propos, l’ambiguïté morale de l’entreprise, sans oublier une galerie atypique de personnages/citoyens. Le public averti ne sera donc pas dépaysé. Pour le plus grand plaisir de celui-ci, l’inénarrable juge d’instruction Anne Gruwez est d’ailleurs de retour, opérant cette fois en second plan. Elle vient en aide au commissaire Lemoine, confronté à ce qui s’apparenterait à un énième fait divers ayant eu lieu dans les quartiers chauds de Bruxelles. Un suspect, tout désigné, est d’ailleurs vite arrêté. Si la procédure semble routinière, des témoignages mais, surtout, une pièce à conviction improbable (des frites surgelées), conduisent le commissaire vers de nouvelles pistes. Débute alors une chasse à l’homme durant laquelle certains (suspects comme voisins) n’hésitent pas à laisser libre court à leurs inclinaisons xénophobes. Entre cinéma du réel et photographie d’une époque, Poulet frites refuse toute emphase, afin de mieux cerner la complexité et l’ambivalence humaines. Dans ses moments les plus sordides, l’œuvre donne ainsi à voir une certaine laideur de la société, entre racisme et misère économique. Elle se révèle aussi passionnante dans sa manière de relater les trébuchements de l’enquête. Des moments décisifs jusqu’aux doutes, chaque étape est décrite avec précision, influant sur le rythme du documentaire - flottant lorsque l’investigation piétine, palpitant lorsque l’étau se resserre autour du suspect. Pleinement immergé, le spectateur se retrouve tantôt bousculé par la cruelle drôlerie de certaines situations (notamment lorsque le suspect toxicomane se défend comme il peut : « Si je l’avais tuée, je m’en souviendrais, quand même ! »), tantôt secoué par le caractère clinique de l’enquête policière (la découverte du corps, la fouille des appartements, l’analyse des déchets...), tantôt amusé par la nonchalance ou les turpitudes des représentants de l’ordre et de la justice. Difficile, donc, d’en sortir indemne.
Genre : Documentaire
Générique
Informations techniques
Métrage : Long
Durée d'origine : 103
Couleur/NB : Noir et blanc
Sonore/muet : Sonore
Consultation
Lieux de consultation du film et conditions d'accès :
- La Cinémathèque française (Bibliothèque) - Accès libre