Licu : O Poveste Romaneasca
Film
Licu : Une histoire roumaine
Identité
Type d'oeuvre : Cinéma
Année de sortie dans le pays d'origine : 2018
Date de sortie en France :
- 05/10/2022
Numéro RCA / VISA : 156572
Classification :
- Tous publics - 19/09/2022
Société(s) de production :
Description
Résumé
Licu est le surnom d’un vieil homme, un Roumain de 92 ans qui nous accueille dans sa maison, et nous raconte sa vie. Une existence qui fut profondément marquée par les évènements politiques et économiques de son pays, depuis le pacte germano-soviétique jusqu’à nos jours : une enfance heureuse et insouciante avant l’invasion soviétique, l’instauration du régime communiste, et l’avènement d’une société de la surveillance, du contrôle et de l’arbitraire, dont lui et les siens auront à souffrir jusqu’au renversement de Nicolae Ceausescu, et l’effondrement de l’Union Soviétique. En flux continu, derrière les mots de Licu, filmé dans sa maison, on peut entendre le tic tac d’une vieille horloge. La voix de l’homme, âgé de plus de 90 ans, et qui évoque les souvenirs marquants de son existence en Roumanie, se fond dans ce temps qui ne cesse de passer, et dont le domicile porte la marque. Nous comprenons très vite que les évènements qui chapitrèrent l’histoire de son pays façonnèrent aussi en profondeur son parcours, comme agrégés aux souvenirs qui marquèrent une vie longue et mouvementée. Petite et grande histoire sont ainsi indissociablement mêlées. Cet entremêlement inextricable, qui est le cœur même du film, donne une ampleur et une force étonnantes au récit du vieil homme couvrant quatre-vingt ans d’histoire roumaine. Une période durant laquelle, notamment, le dirigeant Ceausescu transforma le pays en cauchemar totalitaire. Les nombreuses disparitions de membres de la famille de Licu sont en effet dues à l’intervention de la Securitate. Son métier d’ingénieur dans une usine électrique se soumettait jusqu’à l’absurde aux exigences de la planification étatique. La femme de Licu décède d’une tumeur sans doute causée par la catastrophe de Tchernobyl. Et à l’ombre des évènements historiques, les anecdotes familiales narrées avec précision permettent de mieux percevoir ce que ce fut de vivre sous un tel régime. Les vacances à la mer, par exemple, étaient la seule échappatoire au sentiment d’oppression généré par cette société de la surveillance et du contrôle,. Là-bas, pas de Securitate, juste des touristes des pays limitrophes attirés par la modicité des prix. Au soir d’une existence souvent meurtrie par l’Histoire, Licu se vit donc comme « une âme perdue dans le néant »... Par ailleurs, le film ne se cantonne pas au seul témoignage de son principal interlocuteur. La caméra s’attarde aussi sur les objets qui composent l’environnement de Licu : sa maison, encore criblée par les balles tirées lors de la Révolution de 1989, les objets qui la composent, pas seulement les photographies, mais aussi les meubles patinés, les bibelots rescapés d’une époque révolue, les assiettes, les bols. Leur simple présence, muette mais éloquente, à ses côtés, donne une réalité concrète aux mots de Licu. Le choix du noir et blanc permet d’ailleurs de fondre chromatiquement le personnage dans son environnement. Ainsi, malgré la présence d’un unique locuteur, les choix de mise en scène judicieux et inspirés font que, à plus d’un titre, ce beau film est aussi une œuvre chorale.
Genre : Documentaire
Générique
Informations techniques
Métrage : Long
Durée d'origine : 85