Temps morts
Film
Identité
Type d'oeuvre : Cinéma
Année de sortie dans le pays d'origine : 2022
Date de sortie en France :
- 12/10/2022
Description
Résumé
style="font-size: 10.0pt;font-family: 'Liberation Sans' , serif;color: black;">17 mars 2020, premier jour du confinement décidé par le président Macron en raison de la pandémie de COVID-19. Vincent Dieutre, réalisateur, va se réfugier en Normandie, tandis que Vincent Thèves, écrivain, reste dans son appartement parisien. Tout au long de cette étrange parenthèse, ils échangent chaque jour de petits films tournés avec leurs smartphones, commentant leur quotidien. Vincent filme la Seine, les péniches, les fleurs, le piano, auquel il se remet. Vincent filme les immeubles depuis sa fenêtre, la rue, son bureau, les applaudissements à 20h pour les soignants... L’ennui, la peur, la frustration, le cybersexe sont évoqués pêle-mêle jusqu’à la fin de ce premier confinement. “Nous sommes en guerre”. C’est par ces mots, prononcés à la télévision par Emmanuel Macron, que débute le film. Les premiers échanges entre les deux auteurs, empreints de crainte et de désarroi, nous replongent dans la stupéfaction qui succéda à la décision, qui relevait encore quelques mois plus tôt de la pure science-fiction, de confiner la France. Puis une routine s’installe. Rues vides, actualités télévisées, visioconférences... Dieutre, dans le cadre enchanteur d’une résidence d’auteur au bord de l’eau, parvient à conserver une forme de légèreté. Il filme la brume matinale, danse devant l’objectif de son smartphone, s’amuse de la profusion de propositions sexuelles par écran interposé occasionnée par la situation. Thèves, entre les quatre murs de son petit appartement, a plus de mal à ne pas broyer du noir, l’absence de contacts humains lui pesant énormément. Les plans sont relativement brefs. Pas de grands monologues, juste quelques phrases que les deux amis s’envoient comme des cartes postales. “Je voudrais filmer les goélands désespérés depuis la fermeture du marché de Belleville”, dit Julien. “J’ai besoin d’être serré dans des bras”, dit Vincent. Tout cela, cette ouate inquiétante du confinement, cette fatigue de l’isolement, cette “sorte de cauchemar blanc”, comme dit Thèves (citant Duras), tout cela est connu du spectateur. Nous avons toutes et tous vécu cette période, plus ou moins difficilement, mais nous sommes au courant des attestations de sorties, des applaudissements à 20h, des commerces “non essentiels”... Qu’a donc ce film à nous dire que nous ne sachions déjà ? Capturer le moment, certes, laisser une trace de l’évènement, mais pour en dire quoi ? Quelques rares réflexions viennent toucher quelque chose d’intéressant qui demanderait à être développé (“Ce confinement est à l’image de la vie que j’ai toujours eue : impossibilité de vivre, de rencontrer...”, dit Julien), mais on retombe aussitôt dans les banalités, vraies, authentiques, mais pas passionnantes pour autant. Formellement, il s’agit d’une juxtaposition chronologique de messages filmés des deux correspondants, sans idée de montage un tant soit peu étonnante. Les plans n’ont quant à eux rien de bien stimulant à nous raconter visuellement. En dépit du fait que Dieutre et Thèves sont tous deux très sympathiques, ce journal de confinement n’a malheureusement rien de particulièrement mémorable.
Informations techniques
Métrage : Long