De la conquête

Film

Françoise Prenant

Année de production :  2022

Pays de production : France

Identité

Type d'oeuvre : Cinéma

Année de sortie dans le pays d'origine : 2023

Date de sortie en France :

  • 11/10/2023

Numéro RCA / VISA : 160728

Classification :

  • Tous publics - 12/10/2023

Société(s) de production :

Description

Résumé

De 1830 à 1848, les dires et écrits de personnages plus ou moins illustres de la France du XIXe, et notamment les militaires en charge de la stratégie de conquête livrant les étapes de la colonisation de l’Algérie, sont confrontés à des images récentes des deux pays. L’objectif pour Franssou Prenant est « par la conjonction et l’agencement d’images contemporaines de l’Algérie et de Paris, avec des textes d’acteurs de la conquête de ce pays par la France à partir de 1830, de permettre de rendre visible et audible, manifeste j’espère, cette conquête, qui a mené à la destruction d’une partie de la population de l’Algérie, de sa culture et de sa civilisation ». Dont acte. C’est ainsi que par la grâce de correspondances anciennes, rapports, témoignages, mémoires, considérations historiques, géographiques, urbanistiques…, dont jamais les auteurs ne sont précisés, nous parviennent les échos moisis des convictions d’alors : « les violences de détail sont nécessaires à la conquête ». Une Nation qui ne colonise pas est vouée au socialisme. » « Tuer tous les hommes jusqu’à 15 ans et anéantir tout ce qui ne rampe pas devant nous comme des chiens. » « Les races indigènes disparues, tout serait parfait. Leurs terres seraient à nous. » Parfois, au cœur de l’indignité, une autre voix s’élève aux accents hugoliens. « Blesser leurs mœurs, leurs intérêts, leur religion. Vandalisme et barbarie de la France. » « Nous avons débordé en barbarie les barbares que nous venions coloniser. » L’empilement des textes, lus par des voix neutres, met à jour tout autant l’imaginaire raciste que la logique froide de l’exploitation économique. Le montage d’images, parfois confus et décevant, entend faire résonner dans le présent les exactions et spoliations d’hier : en contrepoint d’un récit de meurtres, le film expose des images des places parisiennes de la Nation et de la République qui ne sauraient avoir été choisies par hasard. Aux promesses de richesses qu’offrait l’Algérie colonisée répondent des plans d’un cœur parisien opulent et haussmannien. La première image du documentaire, un ferry gagnant Alger La Blanche, métaphorise l’arrivée des Français par la mer le 14 juin 1830 pour cette longue parenthèse de cleptocratie qu’est toute colonisation. De tout cela, hors quelques tenants de l’ultra-droite, nul ne conteste aujourd’hui l’évidence historique et plus personne n’attend de l’école qu’elle présente le bilan « positif » de la colonisation au prétexte qu’elle aurait permis de construire des routes, des écoles et des hôpitaux. En effet, en plaçant sur un pied d’égalité des effets bénéfiques - souvent incidents - et des ravages volontaires, une telle démarche nie la spécificité du projet de domination impériale. Toutefois, malgré la force du propos de Franssou Prenant, le vertige des textes, et une fois passé le saisissement, un ennui hélas point qui pourrait faire injure. On en vient en effet à regretter une réflexion tissée de plusieurs fils, dont celui vertigineux qui consiste à se demander de quoi l’Algérie indépendante de 2023, enferrée dans le déni démocratique, la négation de l’État de droit, la répression et la rente gazière au profit de quelques-uns, est-elle l’héritière ?

Genre : Documentaire

Générique

Écriture :

Musique :

Équipe technique :

Production - Distribution :

Informations techniques

Métrage : Long

Durée d'origine : 74

Couleur/NB : Couleur

Sonore/muet : Sonore

Collections liées