Ricardo et la peinture

Film

Ricardo et la peinture

Barbet Schroeder

Année de production :  2022

Pays de production : Suisse

Identité

Type d'oeuvre : Cinéma

Année de sortie dans le pays d'origine : 2023

Date de sortie en France :

  • 15/11/2023

Numéro RCA / VISA : 157267

Classification :

  • Tous publics - 31/10/2023

Description

Résumé

Depuis son portrait d'Idi Amin Dada en 1974, Barbet Schroeder réalise régulièrement des documentaires qui sont autant de respirations dans son œuvre pléthorique, commencée aux cotés des « Jeunes Turcs » de la Nouvelle Vague. Riccardo et la peinture est l'occasion pour lui de raconter son ami, le peintre argentin Riccardo Cavallo, qu'il connaît depuis plusieurs décennies. C'est dans une grotte, et au bord de l'océan, au fin fond du Finistère, qu'on découvre cet artiste érudit, qui aime à peindre dans des endroits insolites. La première partie du film le montre composant des œuvres gigantesques, émiettées en petits morceaux qu'il emboîte pour constituer des fresques d'une ampleur considérable. Comment parvient-il à recomposer ainsi, au gré d'un tel mode opératoire, des dizaines de mètres de nature sauvage ? Cela reste un mystère... Ce qui, ici, frappe en premier lieu, c'est l'audace de Cavallo qui, plutôt que de charrier chaque jour un matériel lourd et encombrant depuis sa maison jusqu'à la grotte, l'abandonne au milieu des rochers. C'est ensuite un vaste panorama de ses influences artistiques que dresse l'artiste, avec en premier lieu un portrait de son idole, Diego Vélasquez, peintre baroque du XVIIe siècle... Si le documentaire constitue in fine un remarquable puits d'informations, il lui arrive parfois, néanmoins, de manquer d'un peu d'humilité, Schroeder se mettant lui-même en scène, face caméra, concourant à un sentiment d'entre-soi qui, par endroits, peut déranger. Le portrait de Cavallo tourne ainsi un peu trop à l'hagiographie, tant le personnage paraît être, devant la caméra de son ami, exempt de défauts, et mis en valeur jusque dans sa capacité à transmettre sa passion à des enfants. Une dimension fort heureusement contrebalancée par des moments intimes magnifiques - ainsi, les scènes où l'on pénètre dans l'atelier parisien du peintre. Une simple chambre de bonne qui fut à la fois le lieu de vie et le refuge des idées du peintre, de nombreux tableaux étant nés dans ces quelques mètres carrés. Si la carrière de Cavallo a été couronnée de succès - celui-ci étant, depuis longtemps déjà, reconnu dans le milieu de l'art, et fréquemment exposé -, il se dégage un sentiment de sincérité, et une forme de dénuement, de sa façon de décrire sa soif de création, laquelle permet au film d'être davantage qu'une évocation amicale et sans âme de la vie d'un artiste. Malgré les réserves énoncées plus haut, on finit donc par tomber sous le charme du personnage, qui, s'il ne dit rien de son enfance en Argentine, communique au public la difficulté de son parcours, et l'importance vitale qu'il y a pour lui à peindre tous les jours, de la même façon qu'un Salinger avait pu écrire jusqu'à sa mort, et sans interruption - comme pour suivre les pulsations de son cœur. Il faut enfin reconnaître à Schroeder le mérite d'avoir magnifiquement mis en valeur les tableaux de son ami, superposant nature et peinture, l'une s'affirmant en somme comme l'extension, la vision intime et sublimée, de l'autre. C'est cette intimité qui est ici passionnante - plus que le serait un cours d'Histoire de l'art, fût-il l'œuvre d'un grand artiste.

Genre : Documentaire

Générique

Musique :

Équipe technique :

Informations techniques

Métrage : Long

Durée d'origine : 107

Couleur/NB : Couleur

Sonore/muet : Sonore

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