La Rivière

Film

Dominique Marchais

Année de production :  2022

Pays de production : France

Identité

Type d'oeuvre : Cinéma

Année de sortie dans le pays d'origine : 2023

Date de sortie en France :

  • 22/11/2023

Numéro RCA / VISA : 157409

Classification :

  • Tous publics - 16/10/2023

Société(s) de production :

Description

Résumé

« Un cinéaste aux films essentiels pour penser notre relation à l'environnement ». C'est par ces mots que Quentin Mével et Stratis Vouyoucas évoquent l'œuvre de Dominique Marchais, auteur de quatre long métrages documentaires qui, chacun à leur manière, développent un propos passionnant sur l'écologie et le vivant, à une époque où ces sujets sont devenus des préoccupations majeures. La Rivière désignée par le titre se situe dans le Béarn, parmi les cours d'eaux qu'on appelle les gaves. Les enjeux du film - qui bénéficie des témoignages de nombreux intervenants, tous spécialistes des questions environnementales - sont divers : énergétiques, alimentaires, agricoles... Mais ce qui d'emblée, ici, impressionne, c'est la portée du discours qui est tenu : on ressent en effet fortement le constat d'une lente dégradation de ces cours d'eaux, tout particulièrement pour les poissons qui y vivent, et qui tendent à en disparaître. Quelques décennies tout au plus auront suffi pour y voir diminuer drastiquement le nombre et le volume de ces espèces aquifères. Si l'émotion est palpable chez chacun des participants, c'est que les gaves sont chargées d'une dimension patrimoniale - ce sont, pour leurs habitants, des lieux de mémoire, un trésor qu'ils espèrent léguer aux générations futures. Cet esprit de préservation s'accompagne en toute logique d'une forte présence d'associations et de scientifiques, luttant pour partager le fruit de leurs recherches et pour se faire entendre des pouvoir publics. On voit, à cette fin, se mettre en place une répartition harmonieuse entre, d'une part, des individus œuvrant à préserver les lieux, et d'autre part des chercheurs constituant des bases de données, lesquelles permettent de bénéficier de repères quant à l'évolution, dans le temps, des réserves halieutiques. L'un des principaux mérites de La Rivière est par ailleurs de ne pas se perdre dans une technicité propre à éloigner le spectateur d'une compréhension aisée des enjeux. Les discours tenus sont précis et minutieux, mais au sein d'une structure limpide et très bien pensée. Soulignons également l'importance de l'univers sonore de La Rivière, où l'on entend autant que l'on voit la vie de tout un écosystème. Ainsi que la façon qu'a l'auteur d'agencer les paroles de tous ces « acteurs » d'un même combat, et qui permet à une pensée d'émerger. Clairement militant, le film, en effet, « choisit son camp », celui des défenseurs de la nature. Mais il s'en dégage également, en filigrane, des vibrations pessimistes, en raison de l'énumération des dégradations des gaves, lesquelles s'enchaînent comme autant d'annonces catastrophiques. On a bel et bien le sentiment d'assister à la mise à mort de tout un écosystème, ravagé par un ensemble de décisions humaines - la culture intensive, la construction de barrages ayant durablement modifié les équilibres, une absence totale de vision sur le long terme… C'est cette vision que transmet admirablement Dominique Marchais, dont le film a reçu récemment le prestigieux Prix Jean-Vigo. Une récompense à la hauteur de l'engagement de cet ancien critique devenu cinéaste.

Genre : Documentaire

Générique

Équipe technique :

Production - Distribution :

Informations techniques

Métrage : Long

Durée d'origine : 106

Couleur/NB : Couleur

Sonore/muet : Sonore

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