Ithaka

Film

Ithaka - Le combat pour libérer Assange

Ben Lawrence

Année de production :  2021

Pays de production : Australie

Identité

Type d'oeuvre : Cinéma

Année de sortie dans le pays d'origine : 2021

Date de sortie en France :

  • 01/11/2023

Société(s) de production :

Description

Résumé

Après sept ans passés dans l’ambassade d’Equateur à Londres, le 11 avril 2019 Julian Assange est incarcéré dans la prison de haute sécurité de Belmarsh. Alors que les États-Unis demandent son extradition et la prison à perpétuité pour avoir publié en 2010 de nombreux documents secrets de l’armée américaine, sa femme Stella Morris et son père John Shipton mènent une campagne pour le libérer. Le cinéaste et photographe australien Ben Lawrence reprend le récit de la persécution judicaire du fondateur de Wikileaks là où Hacking Justice
(2017) de Clara Lopez-Rubio et Juan Pancorbo s’était arrêté : au moment de son arrestation. Dans l’impossibilité de filmer le protagoniste de son histoire - réduit au silence dans une cellule d’isolement depuis désormais cinq ans - il se tourne alors vers les membres de sa famille, qui cherchent par tous les moyens à le maintenir en vie. Se focalisant sur la figure du père de Julian Assange, le film suit son combat quotidien pour sauver son fils, dont l’état de santé devient de plus en plus préoccupant. Face caméra dans sa cuisine, John se refuse pourtant à parler de sa relation avec Julian, tenant à souligner que ce n’est pas le sujet, et que n’importe quel père aurait agi comme lui pour aider son enfant. Sa discrétion est aussi celle du cinéaste, qui, tout en restant au plus près de la famille Assange, parvient à garder la bonne distance lors des moments les plus difficiles, et, même en adoptant une approche intimiste, ne dévie jamais de sa question première : celle de l’acharnement injuste contre un journaliste ayant révélé la vérité, et le danger que cela représente pour la liberté de la presse. Aux côtés de John et Stella, nous marchons jusqu’aux murs qui les séparent de Julian, qu’ils peuvent voir le temps de courtes visites, qui seront ensuite interdites à cause du confinement de 2020. Le seul moyen de rester en contact, devient alors les appels téléphoniques : par écran interposé, Stella essaye de partager avec Julian la plupart des moments de son quotidien, en lui parlant de leurs enfants, en décrivant ce qu’elle voit par la fenêtre ou encore en lui faisant écouter les bruits de la rue… C’est dans cette mise en scène de l’absence de Julian Assange que le film puise ses moments les plus touchants, sans pourtant jamais tomber dans le pathos. À travers un montage rythmé par la musique de Brian Eno, le réalisateur mêle avec justesse la sphère privée et publique, représentant le lien inextricable entre la douleur intime et le combat politique, ainsi que le sentiment d’impuissance et de solitude face aux institutions. Emblématique est ce passage où le père d’Assange rejoint les rassemblements devant le tribunal : parmi les militants, l’artiste Ai Wei Wei prend la parole en affirmant que « lorsqu’il s’agit de défendre la liberté d’expression, les gens ne se sentent pas concernés ». Ou encore celui qui montre le discours de Joe Biden au lendemain de son élection, au cours duquel le président assure vouloir défendre la vérité et combattre les mensonges, juste avant sa décision de poursuivre la demande d’extradition de Julian Assange. Une séquence qui se suffit à elle-même pour décrire l’hypocrisie du pouvoir.  

Genre : Documentaire

Générique

Écriture :

Musique :

Équipe technique :

Production - Distribution :

Interprétation :

Informations techniques

Métrage : Long

Durée d'origine : 106

Couleur/NB : Couleur

Sonore/muet : Sonore