Quatre hommes en voiture traversent à vive allure une plaine désertique. Ils parlent avec enthousiasme du sujet qu’ils s’apprêtent à filmer pour la télévision. Le réalisateur mentionne un moine, son ami, qui lui a parlé de l’histoire. À l’horizon la montagne est immuable. Plus tard, le moine les guide jusqu’à la ferme familiale où le drame a eu lieu. Il présente l’équipe à son père et à son frère, le berger, très en colère. En s’approchant de l’enclos où reposent des béliers sans vie, un mouvement les saisit. C’est le fauve, emprisonné avec les dépouilles. À la demande du réalisateur, le berger raconte les événements. ll menace de tuer l’animal s’il n’obtient pas de compensation financière de la part de l’État. Le moine pénètre dans l’enclos, les yeux plantés dans ceux du léopard. Il semble entrer dans sa conscience et revivre la nuit précédente, la fête sauvage et le festin violent qui l’ont conduit, repu, à s’endormir, fait prisonnier. La métempsychose du moine se renouvelle, par laquelle, à chaque fois, se révèle un nouvel épisode de la vie antérieure qui relie l’homme et l’animal. Les officiels arrivent, mais l’altercation avec le berger les amène à appeler la police pour les aider à régler le litige. Le père du berger tente de le calmer en proposant de lui donner l’argent économisé contre la vie sauve du prédateur. La neige s’est mise à tomber. Au moment de quitter l’enclos, le léopard s’attarde auprès du moine, puis du père, en signe de gratitude.