L'Effet Bahamas

Film

Hélène Crouzillat

Année de production :  2023

Pays de production : France

Identité

Type d'oeuvre : Cinéma

Année de sortie dans le pays d'origine : 2024

Date de sortie en France :

  • 11/09/2024

Numéro RCA / VISA : 156746

Classification :

  • Tous publics - 23/05/2024

Société(s) de production :

Description

Résumé

« Quand vous êtes salarié et que vous voyez certaines personnes qui partent en vacances aux Bahamas grâce à l’assurance chômage, il est légitime de se dire que ce système marche sur la tête », martèle le député LREM Damian Adam en 2018. « Le mec qu’a inventé ça, c’est le premier à être concerné par les Bahamas », ironise l’artiste et syndicaliste Samuel Churin arguant que personne autour de lui n’aurait l’idée d’évoquer ces îles pour illustrer un tel cas de figure. Et de décrypter avec acuité la sémantique de ces phrases définitives qui en disent plus sur ceux qui les prononcent que sur les personnes visées. Pour son deuxième long métrage, Hélène Crouzillat associe ses talents de monteuse et de réalisatrice pour tisser ce film aussi vivifiant par son combat que tragique par son analyse. « C’est du Kafka », se désespère Rose-Marie Péchallat, retraitée de Pôle Emploi qui aide désormais les chômeurs déboussolés par un système qui leur est devenu de plus en plus fermé voire hostile avec, en acmé, le suicide de l’ancien clown Djamal Chaar devant Pôle Emploi en 2013. « Un mort pour un papier manquant ». Comment, de lois en décrets, de réunions paritaires en décisions de l’État, en est-on arrivé, en quarante ans, à transformer ce qui fut conçu comme une œuvre d’assistance en outil enrichissant ceux qui spéculent sur sa dette, en précarisant les pauvres tenus « de prouver qu’ils [ne sont] pas coupables de [leur] période de chômage » ? C’est « comme si c’était le noyé qui se lançait sa propre bouée », s’en offusque l’avocat Antoine Lyon-Caen auprès du Conseil d’État, regrettant que les citoyens n’aient pas conscience de cette inversion de paradigme. C’est pourtant « une conception de l’État (social) et de ses responsabilités qui est en cause », insiste-t-il. Loi du genre, on pourra regretter que la parole ne soit jamais prêtée aux responsables du Medef et aux ministres concernés. Il n’empêche, l’ensemble est efficace, et révoltant. D’abord par son rythme alerte. Ensuite via sa pédagogie et son humour corrosif, notamment à travers ce tableau mural que la réalisatrice démarre sur une image des Bahamas pour aboutir à un inextricable mécano incluant tous les acteurs concernés. Enfin, par la confrontation du verbe, de l’image, du son et du récit (via des extraits d’archives télévisées et des coupures de presse titrant de façon quasi monomaniaque sur le déficit, dix-huit durant). Il en ressort une forme de maïeutique mettant au jour les rouages infernaux qui ont abouti à pervertir l’assurance chômage au détriment de ses prestataires. « Je ne savais pas qu’on avait une République difforme comme ça », persiffle Hélène Crouzillat en désignant sa Statue depuis sa fenêtre (difforme car conçue, comme l’Acropole, pour être vue d’en-bas). De la statue au statut, donc. In fine, un plaidoyer rappelant que derrière la technicité des textes, les logorrhées économico-financières, les tours de passe-passe des puissants pour s’enrichir (« règle d’or : ceux qui ont l’or décident des règles », écrit malicieusement la réalisatrice) vivent des humains, dont les visages finiront par recouvrir, triomphants, le fameux tableau. Un « spectacle » édifiant sur fond d’étude sociologique, sémiologique et politique.

Genre : Documentaire

Générique

Musique :

Équipe technique :

Production - Distribution :

Informations techniques

Métrage : Long

Durée d'origine : 96

Couleur/NB : Couleur

Sonore/muet : Sonore

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