Rue du Conservatoire

Film

Valérie Donzelli

Année de production :  2023

Pays de production : France

Identité

Type d'oeuvre : Cinéma

Année de sortie dans le pays d'origine : 2024

Date de sortie en France :

  • 18/09/2024

Numéro RCA / VISA : 159724

Classification :

  • Tous publics - 10/09/2024

Société(s) de production :

Description

Résumé

À l’occasion d’une masterclass au Conservatoire national supérieur d’art dramatique - dont, en 1996, elle avait manqué le concours -, Valérie Donzelli rencontre Clémence Coullon, une jeune comédienne qui, l’année suivante, lui propose d’immortaliser les derniers instants de sa promotion, et le Hamlet qu’en tant que metteuse en scène, elle se prépare à monter avec le concours de celle-ci. En résulte ce documentaire aussi aimable qu’anecdotique, réalisé avec les moyens du bord - Donzelli compose à l’occasion avec la légèreté du matériel, ou l’absence de tel ou telle membre de son équipe réduite -, et dont, de l’aveu même de l’autrice, l’un des « très grand[s] privilège[s] » est de « voir le travail se faire en direct ». La formule étant hélas assénée davantage qu’illustrée par le film (qui, s’il capte par endroits l’énergie de la troupe et de l’effectivement enthousias(man)te Clémence, ne parvient, dans l’ensemble, qu’à échantillonner les étapes de ce travail), quel serait alors, sinon le projet, la trouvaille de Rue du Conservatoire ? Dans la diversité des réponses aux questions posées par Donzelli aux élèves (« que détestez-vous dans ce métier ? » ; « envisageriez-vous d’en faire un autre ? »...) en marge des répétitions, c’est un drôle de portrait générationnel qui se dessine, tant lesdites réponses, trop brèves, et montées façon panel représentatif, n’ont, à quelques exceptions près (lorsqu’elle leur demande où ils se voient dans dix ans, l’un d’eux répond qu’il aimerait devenir « un acteur français », comme si l’épithète précisait, soit un certain statut social, soit un rapport particulier au jeu), pas grand-chose qui soit propre à distinguer cette promotion des précédentes. Le film saisit-il alors quelque chose de la permanence d’un rêve, ou d’une « foi », pour reprendre le mot de Clémence, et de sa reconduction d’une génération à l’autre ? De fait, l’écart générationnel est davantage perceptible dans les propos de la directrice du Conservatoire, qui dit sa peur d’un « théâtre moribond », où certains n’auraient pas leur place (et où il n’y aurait « que des Blancs », ajoute-t-elle), et en effet les profils, ici, de toute évidence, sont plus variés qu’autrefois. Quant aux jeunes comédiennes, se réjouit à raison Donzelli, elles ne sont désormais plus cantonnées aux rôles de soubrettes... Mais il pourra aussi sembler que l’énoncé des questions posées aux un(e)s et aux autres n’a pour visée que de voir in fine Clémence inverser les rôles. « Pourquoi tu fais des films, toi ? », demande-t-elle alors à Donzelli. « Pour ne pas mourir, répond celle-ci. Pour laisser une trace. » Car, si la démarche de l’autrice est de toute évidence sincère, c’est bien à un autoportrait en miroir qu’à travers Clémence, elle se livre. En disant le temps d’un nouveau départ, le film capte également celui d’un adieu. En célébrant les vertus de la jeunesse, il n’ignore rien de son évanouissement prochain. Or, Donzelli ne s’en cache pas : au moment du tournage, elle fête ses cinquante ans, vit une rupture sentimentale, et sait se trouver elle-même à un moment-charnière. Cette petite ombre qui plane sur le film lui donne, si ce n’est corps, ou forme, une humeur un peu singulière. C’est déjà ça.

Genre : Documentaire

Informations techniques

Métrage : Long

Durée d'origine : 80

Couleur/NB : Couleur

Sonore/muet : Sonore

Consultation

Lieux de consultation du film et conditions d'accès :

  • La Cinémathèque française (Bibliothèque) - Accès libre

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