Dancing on the Edge of a Volcano

Film

Danser sur un volcan

Cyril Aris

Année de production :  2022

Pays de production : Liban

Identité

Type d'oeuvre : Cinéma

Année de sortie dans le pays d'origine : 2024

Date de sortie en France :

  • 25/09/2024

Numéro RCA / VISA : 161720

Classification :

  • Tous publics - 01/08/2024

Description

Résumé

« Peut-être le Liban est fou. Sa folie a explosé. La folie va le sauver », dit Mounia Akl au terme de ce documentaire exceptionnel tant par son contenu que par ses niveaux de lecture. Son premier long métrage, Costa Brava, Lebanon (2021), racontait la désintégration d’une famille partie vivre dans la montagne et soudain confrontée à l’installation d’une décharge publique. Avec le même sens de la métaphore, entre désespoir, révolte et humour, Cyril Aris décline ici les obstacles qu’Akl dut affronter avec son équipe pour réaliser son film alors que, le 4 août 2020, 2 750 tonnes de nitrate d’ammonium explosaient à Beyrouth, dévastant la ville, tuant 218 personnes, en blessant 7 000, causant le déplacement de 300 000 autres, aggravant la crise financière en cours, provoquant 4 milliards de dollars de dégâts et bloquant toutes les activités, sans oublier les troubles de stress post-traumatique. « On a gagné en courants d’air, quand tu y penses », ironise Joe Saade, le directeur de photo dont l’œil a été touché. Or voir et montrer ce qui est apparent et ce qui est caché, à l’extérieur de soi comme à l’intérieur, n’est-ce pas l’essence même du cinéma ? À l’instar de ce long travelling horizontal filmant les murs désormais ouverts sur l’intimité des appartements : « Avant on voyait à travers les vitres. Mais sans les vitres, on a l’impression que tout ça, c’est dehors ». Alors, oui. Tourner. Car « c’est une décision sur le film en soi », explique la productrice Myriam Sassine à ses partenaires financiers. Malgré les difficultés. « Je n’ai même pas de quoi acheter un ruban adhésif » et il va falloir « financer 80 personnes sur 35 jours ». Loi de Murphy oblige, les drames vont s’accumuler : problèmes sanitaires (COVID-19), politiques, administratifs, militaires... Viendront encore les pénuries d’électricité et de mazout qui mettront en péril la post-production (« J’adore, c’est la seule chose où ils sont ponctuels », raillera la productrice). Miracle de la résilience de ce pays, de son peuple et de l’équipe : rythmé par les manifestations des Libanais, l’égrenage des jours précédant et suivant ceux du tournage et, donc, le tournage lui-même, le film se réalisera pour « parler du Liban même si c’est inutile », même si « Beyrouth ne changera jamais ». Histoire de comprendre « pourquoi tu as survécu », pourquoi « tu reprends vie, tu te réveilles et tu te souviens que tu vis au Liban ». Cyrano de Bergerac au pays du cèdre, dans un chaos où les mêmes images peuvent être terribles et sublimes, où les pleurs se mêlent aux rires, la rage à la dérision, dans un subtil jeu de miroir entre le (quasi) reportage sur le désastre, le documentaire et le film de fiction, chacun nourrissant le langage de l’autre. Une mise en abyme explorant les notions de temps, de mémoire et de transmission. « Quels que soient ses espoirs et ses drames, ce pays a un petit quelque chose d’éternel », s’en attendrit le professeur d’université Ziad, rappelant les propos d’ouverture de la réalisatrice : « Beyrouth en ruine. Mais les ruines qui parcourent le temps, c’est beau ». Une œuvre bienfaisante démontrant que le 7e Art, pour emprunter le mot de Nietzsche, nous a été donné « pour ne pas mourir de la réalité ».

Genre : Documentaire

Générique

Production - Distribution :

Informations techniques

Métrage : Long

Durée d'origine : 87

Couleur/NB : Couleur

Sonore/muet : Sonore

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