Ian Bonhôte et Peter Ettedgui, déjà reconnus pour leur McQueen, retracent, dans Super/Man - L’Histoire de Christopher Reeve, la vie de l’acteur popularisé par son rôle de Superman, puis par son combat héroïque après l’accident tragique qui, en 1995, le rendit tétraplégique. En 1978, Reeve est catapulté au rang de star internationale grâce à son interprétation dans le film de Richard Donner ; à une époque où les super-héros ne sont pas encore omniprésents sur les écrans, il devient le Superman dont tout le monde, aujourd’hui encore, se souvient. Mais cette assise médiatique cache un être sensible, marqué par une figure paternelle intransigeante que le comédien ne parvient pas à impressionner. En 1995, le comédien se retrouve paralysé du cou jusqu’aux pieds suite à une compétition équestre. Les premiers jours à l’hôpital sont atroces, et il choisit de rester cloîtré dans sa chambre d’hôpital. Puis, il accepte de se mélanger aux autres patients handicapés, et se fixe pour objectif de remarcher un jour, tout en demandant aux pouvoirs publics d’investir dans la recherche sur les lésions de la moelle épinière. Sept mois après son accident, Reeve revient chez lui, et reprend difficilement ses rôles de mari et de père de deux enfants. Il dépense toutes ses économies dans d’onéreux soins quotidiens. Lors de la cérémonie des Oscars, en 1996, il accepte de faire sa première apparition publique en fauteuil roulant. En 1997, il oriente sa carrière vers la réalisation avec In the Gloaming, dans lequel apparaissent Glenn Close et Whoopi Goldberg. Il crée en parallèle une fondation avec sa femme, Dana. L’argent afflue. Tandis que l’acteur concentre son discours sur l’importance d’un remède, sa compagne privilégie l’amélioration du quotidien des handicapés. En 2001, après de multiples séances de rééducation, il parvient à faire un micro-mouvement, mais renonce à vivre sans respirateur. Après une nouvelle réalisation, Pour que la vie continue, il contracte une infection et décède. Sa femme est emportée un an plus tard par un cancer. Bien plus qu’un simple hommage, ce film propose une réflexion sur la résilience et le dépassement de soi. L’un de ses points forts réside dans sa capacité à humaniser une icône hollywoodienne, dont il ne tait rien des frustrations, des doutes et des moments de désespoir. Mais il met également en lumière sa force mentale, sa détermination et, surtout, l’importance de ses proches dans sa reconstruction, dont le regretté Robin Williams, avec qui il partageait une amitié fusionnelle. Pour incarner les douleurs de Reeve, les réalisateurs usent d’élégantes animations numériques, et de l’allégorie de la kryptonite, faiblesse ultime de l’homme d’acier qu’il interpréta. Mais l’acteur ne se laissa pas miner par sa condition. Il mobilisa toute son aura médiatique pour sensibiliser le public aux enjeux du handicap et faire avancer la recherche sur les lésions de la moelle épinière. Au-delà du parcours ici retracé, Super/Man invite à réfléchir sur la nature même de la notion d’héroïsme qui, en vérité, ne nécessite aucun super-pouvoir. Seule compte la pugnacité pour surmonter les obstacles.