An Unfinished Film

Film

Chroniques chinoises

Ye Lou

Année de production :  2023

Pays de production : Singapour

Identité

Type d'oeuvre : Cinéma

Année de sortie dans le pays d'origine : 2024

Date de sortie en France :

  • 23/10/2024

Numéro RCA / VISA : 163364

Présentation en festival : 16/05/2024 - France

Description

Résumé

Un réalisateur découvre d’anciens rushes et décide de reprendre le tournage d’un film précédent, en recontactant les acteurs d’alors. Les équipes reprennent contact, et le tournage commence. Tous s’apprêtent à repartir quelques jours chez eux pour le Nouvel An quand la nouvelle tombe : tous les axes de circulation autour de leur hôtel sont neutralisés à cause d’une mystérieuse pandémie. Acteurs et techniciens sont assignés à leur hôtel, avec interdiction de sortir de leur chambre. S’ensuit une longue période d’incertitude, lors de laquelle la solitude et l’ennui se font cruellement sentir. Le titre original, An Unfinished Film, définissait mieux le nouveau long métrage de Lou Ye, habitué du festival de Cannes où il avait présenté plusieurs de ses « chroniques » précédentes, Nuits d’ivresse printanière, Une jeunesse chinoise… Cette fois, le réalisateur était en séance spéciale avec un objet hybride, entre fiction, documentaire et essai, fruit de ses mésaventures covidées. Tout commence en 2019, quand il décide de filmer une équipe - la sienne - remettant la main sur les rushes de films précédents qu’il compte intégrer à une future œuvre. L’irruption du très meurtrier virus de Wuhan remet en cause tout le projet, obligeant le réalisateur, et son alter ego à l’écran (Mao Xiaorui), à changer complètement de scénario. Quatre ans après le premier confinement, Lou Ye met en scène l’état de sidération dans lequel nous a plongés la crise de ce qu’on appelait encore le coronavirus. Sur quelques heures seulement, tout bascule, et si certains ont réussi à quitter la zone à temps, la plupart des membres du tournage ratent le coche. L’équipe est coincée, chacun dans sa chambre d’hôtel. Qu’à cela ne tienne, le film continue, et le cinéaste demande à chacun de filmer, avec son téléphone, son quotidien. Surtout, ce pseudo-documentaire, qui est aussi une reconstitution des événements d’alors, le réalisateur jouant avec la temporalité (il mêle ainsi des images des deux confinements), le « vrai » et la fiction, montre l’extrême brutalité de la gestion de l’épidémie en Chine. L’acteur principal du film, protagoniste de ce huis clos, d’abord repoussé violemment dans sa chambre par des policiers, filme ensuite pendant de longues semaines les hommes en combinaisons qui verrouillent tout accès. Tout en se languissant de sa jeune épouse, et de leur bébé qui grandit loin de lui, dont il découvre les premières semaines via son smartphone. Lou Ye assemble ces images hybrides - prises de vue classiques, webcams, écrans de téléphones, visioconférences... - et crée une atmosphère entre paranoïa et ennui profond, accentuée par le choix de plonger ses intervenants dans le noir. Un énorme travail de montage à partir d’images au caractère amateur, loin des précédents films du réalisateur, qui montre aussi sa capacité à sans cesse se réinventer, à explorer de nouveaux modes de narration. En résulte un sentiment d’oppression, de suffocation presque, à travers notamment des images d’actualités d’alors. Jusqu’à ce Nouvel An où, enfin, chacun lâche prise. Lou Ye filme aussi l’hommage des Chinois à leurs disparus, plusieurs mois plus tard, terminant ainsi ce « film inachevé ».

Genre : Fiction

Genre(s) précis : Drame

Informations techniques

Métrage : Long

Durée d'origine : 106

Couleur/NB : Couleur

Sonore/muet : Sonore

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