Fantastic Machine

Film

What A Fantastic Machine !

Axel Danielson , Maximilien Van Aertryck

Année de production :  2023

Pays de production : Suède

Identité

Type d'oeuvre : Cinéma

Année de sortie dans le pays d'origine : 2024

Date de sortie en France :

  • 23/10/2024

Numéro RCA / VISA : 163176

Description

Résumé

Dans un espace urbain, des passants découvrent une mystérieuse installation, une chambre noire, l’ancestrale « camera obscura » : le principe originel de tout appareil photographique. La projection de notre réalité, mais à l’envers. Voilà bien l’ambiguïté de l’image photographique : le reflet fidèle mais pourtant distordu de la réalité, une objectivité reconstruite. « La caméra enregistre simultanément le temps et l’espace et chaque photo devient un authentique chapitre de l’histoire de notre monde ». Ces mots de la critique d’art Elizabeth Eastlake, cités dans le documentaire, renvoient à l’image que nous façonnons de notre l’humanité. What a Fantastic Machine
! tire un premier fil narratif historique et chronologique qui retrace l’apparition de diverses inventions ainsi que leur utilisation, de la photo de Niépce en 1828 à la diffusion de contenus sur YouTube à partir des années 2000, en passant par Muybridge et la décomposition du galop du cheval, L’Arrivée d’un train en gare de La Ciotat des frères Lumière, Méliès l’illusionniste, le photo-journalisme entre obscénité et nécessité d’informer, la propagande d’Hitler à Poutine, la télévision, CNN, Netflix, YouTube... La voix off est discrète, évitant habilement la lourdeur pédagogique et la redondance avec les images. Un deuxième fil se tisse à l’intérieur de cette trame historique : celui qu’invente le montage en agençant les images entre elles, en les télescopant pour créer tour à tour échos ou dissonances. Les deux réalisateurs, Axel Danielson et Maximilien Van Aertryck, ont effectué un gigantesque travail de recherche d’archives. Le film est émaillé de nombreux extraits hétérogènes : quelques plans de films, certes, mais surtout des fragments de contenus, souvent loufoques, parfois pathétiques, qui semblent sortis tout droit d’un film de Ruben Östlund (The Square, Sans filtre), par ailleurs producteur de What A Fantastic Machine !
. Car il ne s’agit pas d’interroger notre présent à travers le cinéma, mais bien à travers notre production d’images communicationnelles : publicitaires, journalistiques, propagandistes, égocentristes. Le film noue sa réflexion autour du passage d’une position de spectateur à celle de consommateur, temps de cerveau humain disponible vendu à Coca-Cola selon les mots de l’ex-PDG du groupe TF1, Patrick Le Lay. What a Fantastic Machine !
interroge les images par les images, mais aussi la manière dont leur production et leur diffusion construit notre pensée du monde. « La télévision, c’est une activité sans mémoire », affirmait encore Le Lay. C’est du flux, un flux qui, pourtant, élabore, modèle, et fixe un pan de l’histoire de l’Humanité. Aujourd’hui, nous constatons l’omniprésence des images de soi-même, du selfie : ces images égocentrées écrivent pourtant quelque chose de notre histoire universelle. Est-ce la trace que nous souhaitons garder de nous-mêmes, l’histoire de l’Humanité que nous voulons raconter ? Le film est intelligent dans sa narration et son montage, qui repose sur un choix d’archives glanées dans les recoins les plus obscurs ou inavoués du web. Il est plaisant, mais ne dépasse pas un habile didactisme.  


Genre : Documentaire

Informations techniques

Métrage : Long

Durée d'origine : 88

Couleur/NB : Couleur

Sonore/muet : Sonore

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