Hiding Saddam Hussein

Film

Halkawt Mustafa

Année de production :  2023

Pays de production : Norvège

Identité

Type d'oeuvre : Cinéma

Année de sortie dans le pays d'origine : 2024

Date de sortie en France :

  • 06/11/2024

Numéro RCA / VISA : 162869

Société(s) de production :

Description

Résumé

« Ce qui est arrivé fait partie du passé », conclut Alaa Namuq, entre sagesse et fatalisme. Sans doute, mais quelle page d’Histoire ! En effet, cet homme âgé de 32 ans, père de quatre enfants et n’ayant jamais quitté son village, hébergea Saddam Hussein chez lui, 235 jours durant, avant que les soldats américains le capturent dans le trou qu’il lui avait creusé ! Avec ce troisième long métrage, qui lui demanda quatorze années, dont dix à obtenir le témoignage de ce modeste fermier, Halkwat Mustafa nous offre un haletant docu-fiction (du fait des scènes de reconstitution), mix de thriller, de film de guerre et d’aventure. La simplicité d’Alaa Namuq, en parfaite harmonie avec celle de la structure du film (récit du narrateur face caméra, images d’archives de l’invasion américaine, de la traque du dictateur, de ses heures de gloire puis de sa chute et de son arrestation), confère à l’ensemble une puissance tragique et dramaturgique insigne. Au point que tout en connaissant la fin, et si loin remue-t-elle notre mémoire, cette odyssée nous captive. Pour rappel : suspecté de posséder des armes de destruction massives et d’être lié aux attentats du 11-Septembre, déjà coupable d’avoir envahi le Koweït en 1990, Saddam Hussein voit le président George W. Bush ordonner d’envahir son pays le 19 mars 2003. Cette guerre provoquera entre 108 000 et 600 000 morts (selon les données retenues), et 15,4 millions de réfugiés côté irakien. Côté américain : le décès de 4 000 soldats et 32 000 blessés. Saddam Hussein sera retrouvé sept mois plus tard et pendu à Bagdad le 30 décembre 2006. Le cynisme voudra que ce conflit fût légitimé par un mensonge et pour des raisons étrangères à son motif. Alaa Namuq nous raconte donc, au rythme envoûtant et discret des musiques de Trond Bjerknes, à base de percussions d’oud et de tapis électro, cette chasse à l’homme : sa mise en présence du dictateur, son hospitalité conformément aux lois ancestrales de l’accueil, le trou qu’il lui creusa dans sa ferme pour le cacher et la confiance qui se noua entre eux au fil des mois. « Si certains voient en Saddam Hussein un dictateur, je vois Saddam comme un ami ». Un véritable double syndrome de Stockholm sur fond d’angoisses, de ruses pour cacher l’ancien chef d’État, de solitude (« Ce qui vous tue, ce n’est pas la pendaison, c’est le fait d’être abandonné ») voire de soumission partagée (« il ne pouvait plus rien faire sans moi ») nous offrant cette scène inouïe où le dictateur et le fermier se lavent mutuellement. Avec panache, bien que les Kurdes aient été martyrisés par lui, le réalisateur n’hésite pas à humaniser le fugitif. Parfois, l’humour affleure. Ainsi quand Alaa traverse un passage boueux avec Saddam Hussein sur le dos : « Ce n’était pas facile de le porter, c’était très lourd ». Enfin, si l’aridité des montagnes ocres et le gris-vert des forêts fournissent un étonnant contrepoint chromatique aux intérieurs, les ultimes images sur les horreurs commises tant sur les civils irakiens que sur les prisonniers d’Abu Ghraïb nous rappellent, in fine, que la barbarie n’a pas de visage. Édifiant et tragique. 

Genre : Documentaire

Générique

Écriture :

Musique :

Équipe technique :

Production - Distribution :

Interprétation :

Informations techniques

Métrage : Long

Durée d'origine : 92

Couleur/NB : Couleur

Sonore/muet : Sonore

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