No Other Land
Film
No Other Land
Basel Adra , Hamdan Ballal , Yuval Abraham , Rachel Szor
Année de production : 2023
Pays de production : Palestine
Identité
Type d'oeuvre : Cinéma
Année de sortie dans le pays d'origine : 2024
Date de sortie en France :
- 13/11/2024
Numéro RCA / VISA : 163183
Société(s) de production :
Description
Résumé
, de ne pas penser à Voyage à Gaza
, le documentaire de Piero Usberti, qui sort lui aussi en salle en France en novembre 2024. Bien qu’ayant des formes, des dispositifs et des angles distincts, les deux films partagent deux points en commun : leur sujet (l’occupation israélienne) et leur timing (leurs tournages se sont achevés quelques jours avant les événements du 7 octobre 2023). Ces convergences suffisent à instaurer un dialogue. Voyage à Gaza
est le projet intime d’un réalisateur franco-italien, plongé au cœur de la ville de Gaza au printemps 2018. De manière distanciée, il y raconte le quotidien de la jeunesse gazaouie, entre désespoir et résilience. C’est à une soixantaine de kilomètres de Gaza que se déroulent les événements de No Other Land
: Masafer Yatta est une zone semi-désertique de la Cisjordanie, historiquement habitée par des bédouins palestiniens. Mais depuis la guerre des Six Jours, la région est sous occupation israélienne. Ce n’est pas ici un réalisateur étranger, mais un jeune habitant, Basel Adra, qui filme l’expulsion des villageois à l’aide de son téléphone et de sa caméra. Depuis 2014, cet ancien étudiant en droit, issu d’une famille d’activistes, alimente quotidiennement ses réseaux sociaux. « J’ai commencé à filmer en même temps que notre fin », raconte-t-il. Des bulldozers démolissant des habitations et des écoles ; des autorités israéliennes bouchant des puits et éventrant des canalisations agricoles ; des colons armés menaçant des villageois... La raison de cette humiliation incessante ? Non loin de là, le gouvernement israélien a acquis 3 000 hectares de terres pour en faire des terrains militaires. Pourtant, les villageois palestiniens résistent. Certains reconstruisent parmi les ruines, d’autres s’installent dans d’anciennes habitations troglodytes... Progressivement, Basel se lie d’amitié avec Yuval Abraham, un journaliste israélien déterminé à l’aider dans son combat. Peu à peu, l’écriture et la réalisation du documentaire deviennent une affaire collective : devant et derrière la caméra, Basel et Yuval sont rejoints par Hamdan Ballal, un autre habitant, et Rachel Szor, une réalisatrice et monteuse israélienne. Comment raconter l’occupation ? Comment mettre en images sa violence protéiforme ? Là où Piero Usberti optait pour le hors champ, le quatuor fait en sorte de tout documenter, quitte à s’exposer au danger. Pour cette raison, No Other Land
est une proposition radicale. Qu’elle soit physique, psychologique ou environnementale, la violence y est filmée sans filtre. Et elle va crescendo : face à la persévérance des villageois, l’armée israélienne procède à des arrestations sommaires - Basel et son père en feront les frais -, et ira même jusqu’à blesser mortellement un habitant. À la fois acteurs et témoins, Basel et Yuval n’ont pas d’autre option que cette forme brute, si asphyxiante qu’elle en vient parfois à contrarier la mise en scène. Il ressort de cette approche un acte de résistance collective et pacifique. Dépourvu de tout sentimentalisme, le geste obéit à une urgence historique : faute de pouvoir envisager une paix ou une guérison, il faut continuer de montrer, coûte que coûte.
Genre : Documentaire
Générique
Informations techniques
Métrage : Long
Durée d'origine : 92
Couleur/NB : Couleur
Sonore/muet : Sonore
Récompenses et nominations
- Prix pour la liberté d'expression - Obtenu
- Meilleur documentaire - Obtenu