Direct Action

Film

Direct Action

Guillaume Cailleau , Ben Russell

Année de production :  2020 - 2024

Pays de production : Allemagne

Identité

Type d'oeuvre : Cinéma

Année de sortie dans le pays d'origine : 2024

Date de sortie en France :

  • 20/11/2024

Numéro RCA / VISA : 163324

Classification :

  • Tous publics - 19/11/2024

Description

Résumé

Janvier 2018. Le gouvernement d’Édouard Philippe annonce l’abandon de la construction d’un aéroport à Notre-Dame-des-Landes, concluant ainsi neuf années de luttes et de mobilisation. Mais qu’en est-il de l’après ? À quoi ressemble le lendemain d’une révolution ? En immersion dans la ZAD entre 2022 et 2023, Guillaume Cailleau et Ben Russell rencontrent les membres d’une des plus importantes communautés d’activistes en France. Afin de comprendre les conflits idéologiques d’hier, puis les enjeux stratégiques de demain. Mais aussi pour radiographier un territoire en autogestion, au sein duquel les militants écologistes et anarchistes cohabitent pacifiquement. Et ce, autour d’un projet commun : expérimenter l’anticapitalisme. Réalisé à quatre mains, le documentaire est une succession de longs plans-séquences. Lesquels sont dénués de commentaires et de voix-off. Certaines donnent à voir les activités périphériques de la lutte : la préparation de repas, les travaux manuels, le troc de services... D’autres immortalisent des événements-clés, allant de la commémoration de l’échec de l’Opération César (la première tentative de démantèlement de la ZAD en octobre 2012) jusqu’à l’action du mouvement des Soulèvements de la Terre (SLT) à Sainte-Soline. L’approche documentaire a de quoi déstabiliser : la narration de chaque séquence commence in media res
tandis que le montage ne laisse que peu d’indices spatio-temporels. Plutôt que d’interrompre et de couper, ce dernier se contente d’assembler bout-à-bout chaque tableau. De même, la réalisation a tendance à rechercher le hors-champ et le contrechamp - la caméra filmant autant les mains que les visages. Quant aux femmes et hommes que Guillaume Cailleau et Ben Russell filment, ils vont rester anonymes jusqu’au générique... En réalité, cette économie d’informations permet de contourner une difficulté pratique : en cela, Direct Action est une fascinante réflexion sur la mise en images du militantisme. Comment filmer une communauté, sans risquer de l’exposer à la répression et à la violence de l’État ? En s’intéressant aux interstices de la démocratie participative. En saisissant l’unité du mouvement plutôt que de se pencher sur les disparités. La preuve en est que les discours militants ne se limitent pas qu’aux débats collectifs. Ils innervent en creux le quotidien de la communauté : « les Travaux et les Jours » des zadistes. Malgré la paranoïa ambiante (et légitime), Guillaume Cailleau et Ben Russell ne compromettent jamais leur mise en scène. Au lieu de ça, les réalisateurs se servent de leur dispositif immersif pour repenser le regard. Le leur, mais également celui du spectateur. Pour ce faire, ils ne se mettent pas à la hauteur de leur sujet, mais bel et bien de leur audience. La caméra est subjective ; le contact est direct : spectateurs et auteurs ne font qu’un. D’abord trouble, leur vision s’affine. Et le geste cinématographique aussi : s’il donne l’impression de jouer les prolongations - l’ensemble dure plus de 3h30, Direct Action s’appréhende comme un objet en permanente mutation. À la fois radical et exigeant. Qui s’offre à qui veut bien prendre le temps de le recevoir et de le comprendre.

Genre : Documentaire

Générique

Équipe technique :

Production - Distribution :

Informations techniques

Métrage : Long

Durée d'origine : 212

Couleur/NB : Couleur

Sonore/muet : Sonore

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