Ana, 71 ans, vit seule, entourée de ses souvenirs. Ses photos lui rappellent son enfance à la ferme ainsi que son premier amour, un jeune voisin qui l’avait emmené à la fête foraine, ce qui lui avait valu d’être battue par sa mère. Ana évoque sa ménopause, difficile, sa solitude parfois. À 11 ans, elle avait été envoyée travailler pour une famille dont les hommes l’avaient violée, puis elle avait subi le même sort de la part de son oncle et de son cousin. Elle en avait parlé à sa propre famille qui ne l’avait pas écoutée et l’avait culpabilisée. Pendant son adolescence, les menstruations et le sexe sont des sujets tabous. Son éducation est très stricte. Elle découvre le désir au cinéma et commence à se masturber. Elle raconte sa première danse avec son futur époux, un premier rapport sexuel maladroit, et une sexualité frustrée malgré deux enfants. Ce n’est que depuis six ans qu’elle redécouvre une sexualité joyeuse avec un petit ami qu’elle ne veut surtout pas épouser. Ana évoque dix-sept ans de viols conjugaux, de violences physiques, qui la conduisent à vouloir mourir. Elle choisit de ne pas se soigner quand elle tombe malade, jusqu’à ce qu’à l’hôpital on lui diagnostique un cancer de l’utérus. Violée par son mari aussitôt après son hystérectomie, elle se confie à un ami et décide de divorcer. Elle se sent enfin libre.