Riefenstahl
Film
Leni Riefenstahl, la lumière et les ombres
Identité
Type d'oeuvre : Cinéma
Année de sortie dans le pays d'origine : 2024
Date de sortie en France :
- 27/11/2024
Numéro RCA / VISA : 163438
Société(s) de production :
Avant-première publique : 31/10/2024 - Allemagne
Description
Résumé
(1935) et Olympia
(1938). Au centre du film est placée une archive de 1976 : Riefenstahl participe à une émission de la télévision allemande. Invitée à se justifier, elle entonne l’air du “on ne pouvait pas savoir”, qui restera globalement sa ligne de défense toute sa vie. Mais elle est confrontée à la syndicaliste Elfriede Kretschmar, qui affirme au contraire qu’on ne pouvait pas ne pas savoir. Par le biais des archives personnelles de Riefenstahl, on découvre ensuite le soutien massif que lui a apporté la population allemande à l’issue de cette prestation. Et derrière le visage de Leni se dessine alors aussi un visage de l’Allemagne d’après-guerre, tout aussi mystérieux et inquiétant. C’est un film sur la compromission. La compromission des individus avec une époque. On peut, certes, concevoir que croire à l’image du sauveur incarnée par Hitler dans un pays en ruine ait pu être une tentation, n’impliquant pas forcément la validation consciente du projet de la Shoah. On peut aussi imaginer que Riefensthal ait pu n’être qu’une arriviste comme une autre, dans un contexte qui se trouvait être celui-là. Mais on sait aussi que loin de s’être contentée de faire son boulot de cinéaste dans un pays qui était devenu celui-là, Leni a, au même titre qu’Albert Speer qui est resté son ami, contribué à élaborer l’esthétique nazie et son pouvoir de fascination. On sait aussi, le film le raconte, qu’elle s’est salie les mains et les yeux. On sait qu’elle a épousé un SS. On voit aussi qu’avant, pendant et après, des films de montagnes dans lesquelles elle était actrice aux reportages photographiques qu’elle fera sur des tribus africaines, court dans sa vie le fil rouge d’une constante exaltation de la puissance et du corps idéalisé. On constate à l’image, dans différentes archives relevant souvent du off, la violence et la constance de son déni. On observe tout cela avec un mélange de fascination et d’épouvante, sans jamais pouvoir cerner clairement qui est ce personnage. Car la grande force de ce documentaire tient au fait qu’il ne livre jamais une clé, psychologique, morale ou historique, qui pourrait résoudre une fois pour toutes le « cas Riefenstahl ». Au contraire, il met en scène le trouble et l’ambiguïté, il crée un portrait en volume en agençant des données qu’il ne surinterprète pas. Et en cela il fait œuvre de cinéma.
Genre : Documentaire
Générique
Informations techniques
Métrage : Long
Durée d'origine : 115
Couleur/NB : Noir et blanc + couleur
Sonore/muet : Sonore