Riefenstahl

Film

Leni Riefenstahl, la lumière et les ombres

Andres Veiel

Année de production :  2023

Pays de production : Allemagne

Identité

Type d'oeuvre : Cinéma

Année de sortie dans le pays d'origine : 2024

Date de sortie en France :

  • 27/11/2024

Numéro RCA / VISA : 163438

Société(s) de production :

Avant-première publique : 31/10/2024 - Allemagne

Description

Résumé

C’est un film sur un visage. Le visage de quoi ? De la banalité du mal ? De la beauté du diable ? Quelque chose comme ça sans doute, mais d’abord, le visage de Leni Riefenstahl, façade appliquée en paravent sur de vertigineux abîmes humains. Souvent, ici, les images d’archives sont recadrées pour se focaliser sur ce visage, ce masque souriant, inquiétant et opaque, dont le film interroge le mystère en le regardant à la fois se délabrer et ne pas changer, aux différents points du siècle qu’a traversé la cinéaste. C’est un film sur la culpabilité. Car c’est là que réside le principal foyer de mystère derrière ce visage : le degré de culpabilité et le degré de conscience de cette culpabilité, de celle qui, sous la protection directe de Hitler et Goebbels, réalisa deux blockbusters de propagande produits par le régime nazi : Le Triomphe de la volonté
(1935) et Olympia
(1938). Au centre du film est placée une archive de 1976 : Riefenstahl participe à une émission de la télévision allemande. Invitée à se justifier, elle entonne l’air du “on ne pouvait pas savoir”, qui restera globalement sa ligne de défense toute sa vie. Mais elle est confrontée à la syndicaliste Elfriede Kretschmar, qui affirme au contraire qu’on ne pouvait pas ne pas savoir. Par le biais des archives personnelles de Riefenstahl, on découvre ensuite le soutien massif que lui a apporté la population allemande à l’issue de cette prestation. Et derrière le visage de Leni se dessine alors aussi un visage de l’Allemagne d’après-guerre, tout aussi mystérieux et inquiétant. C’est un film sur la compromission. La compromission des individus avec une époque. On peut, certes, concevoir que croire à l’image du sauveur incarnée par Hitler dans un pays en ruine ait pu être une tentation, n’impliquant pas forcément la validation consciente du projet de la Shoah. On peut aussi imaginer que Riefensthal ait pu n’être qu’une arriviste comme une autre, dans un contexte qui se trouvait être celui-là. Mais on sait aussi que loin de s’être contentée de faire son boulot de cinéaste dans un pays qui était devenu celui-là, Leni a, au même titre qu’Albert Speer qui est resté son ami, contribué à élaborer l’esthétique nazie et son pouvoir de fascination. On sait aussi, le film le raconte, qu’elle s’est salie les mains et les yeux. On sait qu’elle a épousé un SS. On voit aussi qu’avant, pendant et après, des films de montagnes dans lesquelles elle était actrice aux reportages photographiques qu’elle fera sur des tribus africaines, court dans sa vie le fil rouge d’une constante exaltation de la puissance et du corps idéalisé. On constate à l’image, dans différentes archives relevant souvent du off, la violence et la constance de son déni. On observe tout cela avec un mélange de fascination et d’épouvante, sans jamais pouvoir cerner clairement qui est ce personnage. Car la grande force de ce documentaire tient au fait qu’il ne livre jamais une clé, psychologique, morale ou historique, qui pourrait résoudre une fois pour toutes le « cas Riefenstahl ». Au contraire, il met en scène le trouble et l’ambiguïté, il crée un portrait en volume en agençant des données qu’il ne surinterprète pas. Et en cela il fait œuvre de cinéma.

Genre : Documentaire

Générique

Musique :

Équipe technique :

Production - Distribution :

Interprétation :

Informations techniques

Métrage : Long

Durée d'origine : 115

Couleur/NB : Noir et blanc + couleur

Sonore/muet : Sonore

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