Nelly och Nadine

Film

Nelly & Nadine

Magnus Gertten

Année de production :  2022

Pays de production : Suède

Identité

Type d'oeuvre : Cinéma

Année de sortie dans le pays d'origine : 2022

Date de sortie en France :

  • 27/11/2024

Numéro RCA / VISA : 160929

Classification :

  • Tous publics - 25/11/2024

Société(s) de production :

Description

Résumé

« J’ai passé des années à tenter de donner un nom à ces visages anonymes ». Conçu en 2007 suite à un documentaire sur le retour de rescapés des camps, ce film nous rappelle de façon salutaire à quel point nommer un visage c’est rendre vie à une existence. Pour mémoire, le 28 avril 1945, 17 000 déportés originaires du Danemark, de Norvège, de Pologne et de France débarquent à Malmö. C’est l’aboutissement de l’opération « Bus blancs » négociée avec Himmler par le comte Folke Bernadotte. Une femme au regard pénétrant intrigue le réalisateur. Il décide de l’identifier. Il va ainsi exhumer de l’oubli Nadine Hwang et le couple qu’elle forma avec la chanteuse belge mezzo-soprano Nelly Mousset-Vos. Une incroyable et miraculeuse passion amoureuse qui débuta la veille de Noël 1944 dans le camp de Ravensbrück, en réchappa, se reconstitua en 1946, fut enfoui dans une malle métallique pour renaître à titre posthume soixante-dix ans plus tard. « Pourquoi si longtemps pour enquêter sur votre grand-mère ? », demande le réalisateur à Sylvie, la petite-fille de Nelly. « On ne regarde pas beaucoup de photos dans la famille. Ça fait drôle, ça remonte », répond-elle. Par-delà le souvenir intime, le récit de fond est, lui aussi, intense : amitiés radieuses entre ces deux femmes et leurs amis vénézuéliens, unis dans une commune homosexualité, qu’elles dissimulaient à l’extérieur en se disant cousines : « pas pour se cacher, ça rendait les choses plus faciles », confie José Rafael Lovera… Engagements militant de Nadine dans les années 1930, d’une part, quand elle était la secrétaire et chauffeure de Natalie Barney, fondatrice d’un salon littéraire lesbien situé 20 rue Jacob à Paris et, d’autre part, dans la Résistance dès la fin 1940, côté Nelly, sous l’alias « Claire ». Et autres camarades d’infortune, Elsie Ragusin et Mary O’Shaughnessy. Presque oubliée, en revanche, la grand-mère de Sylvie, qui rejeta sa mère, Nelly, pour s’en être sentie dépossédée par Nadine. Au fil des lectures du journal intime de Nelly, des correspondances, témoignages, extraits de films privés ou publics, le réalisateur réussit son pari de rendre chair et sang à ces êtres. Les blés, dont la graine meurt pour repousser, se muent en métaphore de leur mort et de leur renaissance et l’immensité horizontale des champs du mari de Sylvie en contre-miroir des 186 marches de la carrière de Ravensbrück que gravissaient les prisonnières. Et il y a les musiques ! Celle de de Marthe Belsvik Stavrum, mais aussi ces classiques tels Les Euménides de Darius Milhaud ou La Mer est infinie de Gabriel Fauré nous rappelant la beauté de la voix de Nelly, dont les paroles : « Une vieille femme apeurée n’est plus rien… » pour la première et « la mer est infinie et mes rêves sont fous » pour la seconde, prennent un sens troublant en répons avec la terreur endurée dans le camp, et avec ces lignes de Nelly : « Plus tard, si je reviens dans la vie, je reverrai cette nuit, je te reverrai, Nadine ». On l’aura compris, autant que le récit d’une liaison inouïe, Nelly & Nadine est un tableau vibrant, lumineux, émouvant sur la trace, l’oubli, le lien, y compris celui reliant la petite et la grande Histoire. Avec et sans « sa grande hache ».

Genre : Documentaire

Générique

Écriture :

Musique :

Équipe technique :

Production - Distribution :

Interprétation :

Informations techniques

Métrage : Long

Durée d'origine : 93

Couleur/NB : Noir et blanc + couleur

Sonore/muet : Sonore

Collections liées