Krishnamurti, la révolution du silence

Film

Françoise Ferraton

Année de production :  2023

Pays de production : France

Identité

Type d'oeuvre : Cinéma

Année de sortie dans le pays d'origine : 2024

Date de sortie en France :

  • 27/11/2024

Société(s) de production :

Description

Résumé

« Ce qui est vraiment beau, c’est cette étendue d’eau vers l’Est et la rive d’en face », écrivit Jiddu Krishnamurti en 1961. En appariant d’emblée la rivière Yamuna, affluent du Gange, et cette citation de Krishnamurti saisi par la durée du temps et de l’espace, la nature, la traversée à effectuer et l’orientation (l’Est d’où surgit la lumière) ; en réduisant sa biographie à l’essentiel (origines, aperçu de son parcours factuel - passage par la Société théosophique, éducation anglaise - et affectif en ce sens qu’il l’édifia dans la souffrance - décès de ses mère et frère) ; et, enfin, en élevant son film en synecdoque de ses propos, fidèle en cela à ce que ce sage enseigna (« Quoi que vous fassiez, n’élevez pas un autre temple autour de moi »), Françoise Ferraton nous invite à regarder, ressentir et recevoir son premier long métrage telle une méditation. Par là-même, elle mue ses paysages de lacs, de fleuves, d’étangs et de neige (valant pour l’Occident et l’Himalaya), de misère et de guerre communes au Vietnam et à l’Afrique, sans oublier ceux des champs où passent les animaux et les humains, en éclairantes et vivantes métonymies de notre intériorité. Cette brillante mise abyme évoluant entre un fond érodant et un rythme posé nous pénètre au fil d’extraits tirés des ouvrages de ce penseur ô combien influent de la contre-culture des années 1960-1970, d’archives de ses causeries et interviews, et de musiques (Bach, Beethoven, improvisation sur du rāga bihag, chants sacrés...), pour nous faire prendre conscience de la nécessité de nous libérer de nos émotions et autres pensées phagocytées par les figures issues de notre culture, de notre éducation et de nos croyances, afin de trouver notre propre lumière à partir de notre seule expérience. Dans le sillage, donc, d’Héraclite, La Boétie ou encore Nietzsche. Le passage final où l’on voit un enfant nager dans l’eau semble pour le coup être un malicieux clin d’œil au bébé concluant le 2001 : L’Odyssée de l’espace de Kubrick (1968). Subtilement, les images nous mettent ainsi en garde contre leurs manipulations, comme nous en prévenait ce contemporain de la naissance des neurosciences qui appelait, face aux représentations, à « mourir sans peur intérieurement », à « ne pas nous réfugier dans les théories fantaisistes de la pensée avec ses ruses », à « incarner chaque jour » et à « renaître ». Et de conclure que seules la compassion et la liberté à l’égard de la souffrance mènent à l’amour car « la réalité est que l’être humain que vous êtes représente la totalité de l’humanité ». D’où son inlassable appel à l’universalité, lorsqu’il explique à son public silencieux que « [sa] souffrance n’est pas la [sienne], c’est celle de l’humanité ». Des paroles de sagesse et d’humanisme qui font cruellement défaut à notre époque, et que ce documentaire aussi enthousiasmant que désespérant par le constat qu’il brosse en contrepoint de notre présent ravive magnifiquement, en n’élevant jamais son modèle en « messie », pour mieux nous inciter, comme il le souhaitait, à nous questionner par nous-mêmes malgré les coups de boutoirs venus de toute part dans le but de nous enchaîner à nos passions alors que « la vérité est un pays sans chemin ». 

Genre : Documentaire

Générique

Équipe technique :

Production - Distribution :

Interprétation :

Informations techniques

Métrage : Long

Durée d'origine : 75

Couleur/NB : Couleur

Sonore/muet : Sonore