Îles de Sao Tomé, 1907, au large des côtes africaines. Un bateau accoste avec à son bord le docteur Afonso Paiva. Celui-ci vient assister le docteur Figueira dans le dispensaire d’une exploitation portugaise de cacao. Les serviteurs employés succombent les uns après les autres, atteints d’un mal contagieux : la nostalgie des esclaves. Condamnés à ne jamais retourner dans leur pays, ils s’anémient ou se suicident. Le gérant de l’exploitation tente de maîtriser la situation en isolant le groupe propagateur du mal, des Mozambicains affirmant être retenus dans l’île contre leur gré. Le docteur Paiva est témoin des conditions de vie des serviteurs, soumis à un joug esclavagiste. Les malades sont nourris de force, sans que cela suffise à freiner leur dépérissement. Deux mondes se côtoient sans se rencontrer. Certains endroits de l’île sont occupés par des descendants d’esclaves évadés. Les documents qui attestent de la légalité de leur engagement ont disparu. Le rapport que le docteur Paiva a envoyé à la maison-mère à Lisbonne, prônant une libération des malades, reçoit une réponse quelques mois plus tard. Le groupe est déplacé dans une dépendance de l’exploitation, éloignée des autres serviteurs sains, sous la responsabilité du docteur Paiva. Les suicides persistent. Les gardes, impuissants devant cette hécatombe, se mettent à profaner leurs tombes. Un esclave affranchi photographie et nomme chaque membre du groupe survivant, avant que le docteur Paiva ne les libère.