Une vie ordinaire

Film

Alexander Kuznetsov

Année de production :  2024

Pays de production : France

Identité

Type d'oeuvre : Cinéma

Unité documentaire : Unitaire

Année de sortie dans le pays d'origine : 2025

Date de sortie en France :

  • 29/10/2025

Société(s) de production :

Numéro RCA / VISA : 155310

Classification :

  • Tous publics - 17/04/2024

Description

Résumé

Pour le troisième long métrage qu’il consacre à Iulia et Katia, le réalisateur russe Alexander Kusnetsov suit ses protagonistes après leur sortie de l’hôpital psychiatrique où elles étaient internées. Libérées, les deux jeunes femmes peuvent envisager de partir à la conquête de leur rêve : trouver l’amour et puis se marier. C’est ce qui se produit pendant Une vie ordinaire, où Katia et Iulia avancent sur le chemin vers une “vie ordinaire” telle que la société russe leur a appris à la concevoir : d’abord décrocher son logement, puis rencontrer son mari, enfin créer une famille. Immortalisant en toute simplicité des moments de vie uniques et décisifs, le documentaire a le mérite de nous brosser un portrait de la Russie vue de l’intérieur, sous le prisme de deux existences sincères, qui ne semblent pas manipulées par le geste cinématographique. Mais c’est l’imbrication de ces trajectoires dans le projet global du cinéaste qui pose question. Les premières images - précieuses - nous montrent des manifestants luttant contre le déclenchement de la guerre en Ukraine pendant que Kutzetzov nous énonce sa problématique : comment a-t-on pu en arriver là ? Cette interrogation fondamentale se retrouve dans la toute fin du film, formulée autrement, comme l’enserrant de bout en bout : comment peut-on vivre dans ce pays de fous ? Mêlé au surgissement brutal de la voix-off du narrateur-réalisateur à plusieurs reprises, ce questionnement plaqué sur les images donne l’impression globale que le cinéaste ne se détache pas d’une vision en réalité surplombante de ses protagonistes : des protagonistes qui à l’image de la Russie dans son ensemble sont inféodés à la cause du pouvoir et à son narratif géopolitique. L’œuvre s’avère intéressante lorsqu’elle creuse effectivement, par une profusion de détails quotidiens, la construction du mythe national, et quand elle soulève le paradoxe d’une puissance guerrière qui se présente comme œuvrant à la paix. L’air de rien, dans un coin du salon, une petite télévision ou une petite chaîne hi-fi déblatère sa propagande, par de simples émissions ou même des chansons pour les enfants. Elle l’est aussi lorsqu’elle filme la facticité des élections présidentielles tout en se montrant lucide sur la large adhésion de la population russe à Vladimir Poutine. Mais c’est bien son regard sur les protagonistes qui continue d’interroger, quand bien même - et c’est peut-être là son plus grand travers - le film tente directement de s’en défendre ou prétend même, par des plans subjectifs et de supposées rêveries, emprunter le point de vue de ses témoins. Le cinéaste confie par exemple aimer Iulia et Katia et vouloir continuer à les côtoyer tandis que tout dans le discours sous-jacent dénonce précisément l’endoctrinement naïf et mortifère qui est le leur sans jamais leur proposer d’en douter (ont-ils déjà été ouvertement en conflit ?). Drôle de relation que celle qui ne dit pas son nom. Il faudrait ajouter à ce problème central celui d’un traitement cinématographique qui ne captive pas assez, qui manque de liberté et d’incarnation, oubliant que le fond est surtout dans la forme. 

Genre : Documentaire

Générique

Production - Distribution :

Informations techniques

Métrage : Long

Durée d'origine : 93

Couleur/NB : Couleur

Sonore/muet : Sonore

Consultation

État dans les collections : Déposé