Arnon est un élève brillant mais dissipé, voire insolent. Considéré comme le meilleur élément de son lycée - un établissement thaïlandais d’excellence - il finit toujours par obtenir les faveurs de son proviseur. Arnon est aussi un élément perturbateur : fortuné et favorisé, il ne risque rien. Il répond en classe, se moque volontiers de ses camarades et se repose sur ses lauriers. Rien ne l’intéresse vraiment, et sûrement pas la politique, qui prend pourtant une importance grandissante au sein de son établissement, puisque des élèves commencent à se rebeller contre la discipline autoritaire qui fait loi, et l’usage régulier des châtiments corporels. Il assiste ainsi à la naissance de la révolte étudiante en tant que simple spectateur et n’hésite pas à profiter de la corruption généralisée pour se faire de l’argent : il est enrôlé dans un système de triche organisé en échange de plusieurs dizaines de milliers de baht, la monnaie nationale. Arnon prend goût à cette vie, et, à mesure que la colère de ses camarades gronde et que leur combat prend de l’ampleur, sur les réseaux sociaux comme dans la rue, il se fait de plus en plus d’argent. La jeunesse thaïlandaise connaît un moment historique, mais lui reste dans sa bulle, désabusé et indifférent. Il se rendra tout de même compte, au terme d’une difficile sortie du déni, que son “mérite” est presque entièrement dû au système pipé dont il a joui jusqu’ici, au détriment de ses camarades.