Jahia, 16 ans, vit depuis deux ans dans un centre pour demandeurs d’asile en Belgique avec sa mère, traumatisée, mutique et dépendante. À la fin de l’année scolaire, on l’avertit : son absentéisme pourrait entraîner son exclusion. Mais à quoi bon décrocher un diplôme sans papiers ? C’est alors qu’elle rencontre Mila, nouvelle pensionnaire biélorusse de son âge. Entre elles naît une amitié faite d’instants suspendus : vidéos sur le toit, baignades, rêves partagés. Mila pousse Jahia à se projeter : cuisinière, peut-être. Jahia prépare ses épreuves de rattrapage tout en refusant l’aide extérieure pour s’occuper de sa mère. Mila, elle, attend l’issue de sa demande d’asile. Jahia surprend leur entretien avec un avocat : les chances sont minces, la Biélorussie n’étant pas jugée dangereuse. Puis Mila est hospitalisée. Elle va bien physiquement, mais ne se réveille plus : syndrome de résignation, disent les médecins, forme extrême de repli face à l’exil. Bouleversée, Jahia tente de la ramener à la vie. Une nuit, elle transporte son amie inanimée jusqu’à la rivière, leur lieu secret. La santé de sa mère se dégrade, avant une hospitalisation salutaire. Un courrier leur accorde enfin l’asile. Un avenir s’ouvre à Bruxelles, près d’une école de cuisine. Mila, elle, reste au centre, toujours endormie. Avant de partir, Jahia lui souffle : « Tu me manques. Je t’attends ».