Wilding

Film

Wilding, retour à la nature sauvage

David Allen

Année de production :  2023

Pays de production : Royaume-Uni

Identité

Type d'oeuvre : Cinéma

Unité documentaire : Unitaire

Année de sortie dans le pays d'origine : 2023

Date de sortie en France :

  • 10/09/2025

Numéro RCA / VISA : 165418

Classification :

  • Tous publics - 09/09/2025

Description

Résumé

« Il y a quelque chose de magique dans cette grande transformation sur une terre dégradée », commente la voix de ce magnifique documentaire de David Allen. Car c’est bien d’émerveillement qu’il s’agit ici. Celui que provoque la puissance de la « nature naturante ». En 1990, suite à la faillite de la ferme de 1 400 hectares dont il avait hérité en 1980 (le château de Knepp) et qu’il gérait en monoculture, Charlie Burrell décide, avec son épouse Isabella Tree, de repartir de zéro en y rendant leur « liberté » aux animaux et aux plantes. En effet, constatant que « si les animaux d’élevage sont si éteints, c’est à cause du contexte dans lequel on les a placés », c’est à un ré-ensauvagement (« rewilding

») de la nature qu’ils procèdent - contrairement à beaucoup d’expérimentations basées sur sa simple préservation -, avec les bêtes comme « moteur du système ». Un pari fou qui suscitera l’hostilité, de lettres (« Ce que vous faites heurte ma sensibilité ») en invectives télévisuelles (« Vous êtes juste des privilégiés »). Dix-sept ans plus tard, d’envies d’abandonner en persévérance, leur improbable projet est devenu une réussite. Au point qu’après le retour d’espèces disparues (tourterelle des bois, papillon empereur, souris des moissons...), on assiste à celui des humains, curieux d’admirer l’envol du premier cigogneau, après 600 ans d’absence. « Ça rappelle les contes, ces histoires de cigognes portant des bébés dans leur bec », s’en amuse Isabella. Une fois accepté le ton lénifiant du commentaire (du moins en français), d’interviews de Charlie et Isabella, Ted Green, spécialiste des champignons et des chênes, ou Frans Vera, écologiste néerlandais, en paysages superbement mis en image, photos intimes et plans de machines remuant la terre tels des monstres, on redécouvre, admiratif, sur la musique immersive de Biggi Hilmars et Jon Hopkins, l’incroyable lien unissant en un réseau complexe et solidaire les organismes vivants, nous rappelant combien « notre histoire est d’abord celle du sol ». Un constat donnant lieu à des moments de franche drôlerie : Charlie imaginant un dédale par lequel ses cochons accéderaient à la mer, ce porc perturbant un concours de polo ou le cheval Duncan, perdu entre domesticité et retour à l’état sauvage, investissant la réception du château. Sans oublier Derek, lâchant, après les travaux de réaménagement de la rivière : « Deux castors auraient fait ça en six mois, ça ne vous aurait rien coûté et ç’aurait été mieux fait ». Les castors seront bien réintroduits, mais il aura fallu dix ans au couple pour obtenir l’autorisation ! Et comment ne pas voir un miracle quand, en 2009, des milliers de papillons Belle-Dame montés d’Afrique du Nord détruisirent opportunément les chardons, « ces monstres craints des agriculteurs », dont la réapparition aurait pu coûter cher au couple ! Par son parti pris original, ce très beau film, tant esthétique qu’éthique, nous donne simultanément le sentiment d’avoir côtoyé l’Éden et de vivre un immense gâchis, ravivant l’urgence de changer notre regard : nous sommes au cœur d’un ensemble intriqué, mû par l’effet papillon. Et si nous cessions de nous en croire les maîtres et d’agir en prédateurs ? Édifiant et bienfaisant. 

Genre : Documentaire

Générique

Production - Distribution :

Informations techniques

Métrage : Long

Durée d'origine : 75

Couleur/NB : Couleur

Sonore/muet : Sonore

Consultation

État dans les collections : Non déposé