Stups

Film

Jean-Robert Viallet , Alice Odiot

Année de production :  2024

Pays de production : France

Identité

Type d'oeuvre : Cinéma

Unité documentaire : Unitaire

Année de sortie dans le pays d'origine : 2025

Date de sortie en France :

  • 01/10/2025

Société(s) de production :

Numéro RCA / VISA : 157024

Classification :

  • Tous publics - 15/07/2025

Description

Résumé

Stups

est doublement novateur. D’une part c’est, à notre connaissance, la première fois dans un documentaire (et peut-être au cinéma d’ailleurs) que les geôles sont montrées - c’est-à-dire les salles situées en-dessous d’un palais de justice (dans son « ventre », selon l’expression consacrée). Des salles dans lesquelles les prévenus sont interrogés par les services sociaux, et où il s’agit pour eux, en quinze minutes à peine, de résumer une vie entière, faite souvent de désillusions et de misère - soit tout ce qu’un casier judiciaire n’est pas à même de montrer. D’autre part, les réalisateurs ne pouvaient pas savoir à l’avance qui ils allaient être autorisés à filmer. L’un d’eux restait dans la salle d’audience pour trouver le cadre, pendant qu’un autre était dans les geôles pour tenter d’obtenir le droit à l’image des prévenus. Beaucoup ayant refusé, ils n’eurent donc qu’une poignée de minutes pour obtenir les autorisations nécessaires et se familiariser avec ceux qui allaient devenir leur matière documentaire... Reste à préciser ce que sont les audiences, dites de comparution immédiate : procédures d’urgence par excellence, elles ont été prévues pour juger rapidement un prévenu sortant tout juste de garde à vue. L’audience est traditionnellement fixée à 14h, le dossier étant présenté aux avocats environ une heure avant. Cette procédure prévue par le code pénal, à l’organisation bancale et au résultat par nature incertain, peut permettre d’infliger aux prévenus des peines allant jusqu’à l’emprisonnement. Tout, ici, transpire donc l’urgence. Mais il ne faut pas confondre vitesse et précipitation, et ce film enfiévré, avec ses plans longs sans être contemplatifs, prend le temps de filmer cette urgence. Le parallèle avec le cinéma de Raymond Depardon - réalisateur entre autres de Délits flagrants

(1994) et de 10ème chambre, instants d’audience

(2004), deux documentaires qui prenaient pour sujet les tristement fameuses audiences de comparution immédiate - est flagrant. Dès le premier plan de Stups, qu’aurait pu signer Depardon, une caméra à l’épaule suit ainsi le magistrat - qui est ici chez lui, à la différence des prévenus - dans les couloirs du tribunal… Cette parenté aurait pu desservir le film ; elle lui permet au contraire d’affirmer ensuite sa singularité. Car, chez Depardon, à la faveur de plans fixes et relativement courts, il est moins question du parcours personnel des détenus que de leur place dans l’institution sociale et sanctionnatrice qu’est le tribunal. Dans Stups, les plans sont bien plus longs (une vingtaine de minutes pour la première audience, puis vingt autres consacrées à l’enchaînement des audiences suivantes) et on s’attarde moins sur le visage des détenus que sur leurs paroles et leurs parcours. C’est, jusque dans sa mise en scène, un documentaire sans parti pris, si ce n’est celui de l’humain : pour une fois, les magistrats sont filmés en légère plongée, tandis que les prévenus sont filmés en contre-plongée. Dans la plupart des films de procès, c’est le choix inverse qui est fait. Et le regard humain que porte ainsi Stups

lui permet, à sa manière, de rendre justice.

Genre : Documentaire

Générique

Écriture :

Musique :

Équipe technique :

Production - Distribution :

Informations techniques

Métrage : Long

Durée d'origine : 86

Couleur/NB : Couleur

Sonore/muet : Sonore

Consultation

État dans les collections : Déposé