Soundtrack to a Coup d'Etat

Film

Soundtrack to a Coup d'Etat

Johan Grimonprez

Année de production :  2023

Pays de production : Belgique

Identité

Type d'oeuvre : Cinéma

Unité documentaire : Unitaire

Année de sortie dans le pays d'origine : 2025

Date de sortie en France :

  • 01/10/2025

Société(s) de production :

Numéro RCA / VISA : 163818

Classification :

  • Tous publics - 30/06/2025

Description

Résumé

Janvier 1961. La Belgique en rêvait, Eisenhower en avait formulé le vœu : Lumumba a été assassiné. L’empêcheur de (re)coloniser en rond est hors service - comment en est-on arrivé là ? La complexité de Soundtrack to a Coup d’État

tient à ce qu’une fois passée cette prolepse introductive, il relève à la fois du récit chronologique, de la complétion d’un puzzle et de quelque chose de moins aisé à cerner. Mobilisant la parole d’acteurs et de témoins de premier plan (Andrée Blouin, Malcolm X, Maya Angelou, Nikita Kroutchev...), piochant dans une montagne d’archives (actualités, discours de militants, citations de penseurs antiracistes, témoignages de victimes - et d’auteurs - d’exactions coloniales…), Johan Grimonprez s’attache à raconter une histoire édifiante - celle qui veut qu’une fois l’indépendance du Congo proclamée, la Belgique et ses complices n’y poursuivraient pas moins leurs violences et la captation de ses ressources. Le pays avait fourni l’Occident en caoutchouc pendant la Première Guerre mondiale, puis en uranium - nécessaire à la fabrication de la bombe atomique - pendant la Seconde ; il le fournirait encore en cuivre de Kolwezi puis, de nos jours, et au prix d’une guerre sans fin, en minerais essentiels à la fabrication de smartphones et autres tablettes tactiles. Si le film se concentre donc sur « le problème et les difficultés du Congo », pour reprendre l’euphémisme ignoble de Paul-Henri Spaak, alors vice-premier ministre belge, c’est bien l’horreur impérialiste et suprémaciste blanche en tant que superstructures politiques, à travers le temps et l’espace (le post-colonialisme est un colonialisme ; mains coupées au Congo, lynchages au Texas : les produits d’un même système), qu’il dévoile. Mais cette démonstration, le film la fait aussi en, et par, la musique. Non seulement parce que, pas le moins gêné du monde, le gouvernement américain fait à l’époque appel à des artistes (Louis Armstrong, Dizzy Gillespie...) pourtant encore ségrégués dans leur propre pays pour relayer sa propagande, ajoutant aux méthodes usuelles de déstabilisation (pression diplomatique, spoliation économique, corruption, chantage, meurtre...) ce qu’on ne qualifie pas encore de « soft power ». Mais également parce que cette musique, celle d’Abbey Lincoln, Max Roach ou John Coltrane aussi bien, se fait ainsi la chambre d’écho de l’époque, la bande originale implicite des luttes indépendantistes. Long format (2h30) et vélocité du montage s’allient à des fins esthétiques (la musicalité de l’ensemble le fonde) et politiques (derrière la complexité des modulations rythmiques et contrepoints mélodiques, il y a la rigueur binaire de l’édifice colonial) autant qu'à un souci d’efficacité. Et accouchent d’un drôle de film, qui tout à la fois s’assigne un programme très rigoureux et s’autorise une politique d’intervention sur les images (ralentis ou légers zooms sur certaines archives, application de séduisants filtres bleus, citations s’inscrivant à l’écran en lettres à l’élégante police...) résolument enjôleuse. À la jonction, en somme, entre télescopages « godardiens » et vignettes Konbini, broderie impressionniste et PowerPoint de luxe, liberté hard bop et efficacité pop. 

Genre : Documentaire

Générique

Écriture :

Équipe technique :

Production - Distribution :

Informations techniques

Métrage : Long

Durée d'origine : 150

Couleur/NB : Noir et blanc + couleur

Sonore/muet : Sonore

Consultation

État dans les collections : Déposé

Collections liées