Imago

Film

Déni Oumar Pitsaev

Année de production :  2024

Pays de production : France

Identité

Type d'oeuvre : Cinéma

Unité documentaire : Unitaire

Année de sortie dans le pays d'origine : 2025

Date de sortie en France :

  • 22/10/2025

Société(s) de production :

Numéro RCA / VISA : 162489

Classification :

  • Tous publics - 18/09/2025

Description

Résumé

À la suite d’un tout premier voyage en 2019, Déni Oumar Pitsaev retourne en 2023 au Pankissi, une vallée en Géorgie à la frontière de la Tchétchénie, où sa mère et son cousin Daoud ont acheté une terre pour lui, dans l’espoir qu’il y construise une maison et se marie. Jouant le jeu, le cinéaste d’origine tchétchène, naturalisé français, présente à sa famille et aux habitants de la vallée un plan de maison : une sorte de grande cabane montée sur pilotis qui contraste avec les bâtisses robustes et équipées de cave (pour se réfugier en cas d’attaques) de Tchétchénie. Ce « projet » est l’occasion de convoquer son père, résidant en Russie, que le cinéaste n’a plus revu qu’à de rares reprises après le divorce de ses parents. Un projet en cache un autre, à peine : c’est le désir d’un film, un premier long métrage, que Pitsaev est venu chercher dans ce voyage. Tout part de la question du territoire, auquel renvoie d’abord cette terre sauvage, convoitée par la nature mais aussi par des influences étrangères (les Qataris, les Russes), dont sa mère et son cousin ont fait pour lui l’acquisition. L’œuvre réussit à nous plonger dans les lieux et dans ses habitants, dans leur fantasme, comme si le Pankissi, terre d’exil, pouvait remplacer la Tchétchénie désormais acquise à la Russie. À cet imago - c’est-à-dire, en psychanalyse, le prototype inconscient de sujets (ou de lieux) qui vient se substituer à leur réalité - collectif, Pitsaev répond par un rêve conscient d’enfant. Celui d’une maison qui s’élèverait vers le ciel ; qui ne servirait pas à se protéger de la guerre (la peur ayant l’effet paradoxal de la réaliser), et dans laquelle, si jamais la catastrophe arrivait, l’on pourrait mourir d’un coup plutôt que lentement et dans d’atroces souffrances, enseveli sous les décombres, comme dans les caves lors des guerres de Tchétchénie. Être adulte, comme Pitsaev l’affirme lui-même, c’est se donner la possibilité de réaliser ses rêves d’enfant. Car de façon surprenante, « imago » renvoie en psychanalyse à un passé archaïque tandis qu’en biologie il désigne la dernière phase de métamorphose d’un insecte : tantôt ce qu’il y a de plus ancien et de plus ancré en nous, tantôt ce qui nous rend mature. Imago est bien l’histoire d’un imago - transformation finale vers l’âge adulte - à réaliser au contact de ses imagos personnel (en premier lieu, le père) et collectif (la Tchétchénie). Protagoniste principal de ce drame à la fois historique et intime, Déni Oumar Pitsaev crève l’écran du début à la fin : sorte de Woody Allen débarqué dans un western, puéril bien qu’émancipé, le réalisateur-acteur-témoin intrigue, fait rire, grâce à son sens de l’autodérision. S’il intrigue, c’est que l’essentiel demeure non dit, inavouable ; car la maison n’est qu’un prétexte, dont se joue le cinéaste, pour traiter de la question fondamentale : celle du « célibat », du refus du patriarcat, de l’homosexualité interdite. Face à une scission si radicale entre lui et les autres protagonistes, une interrogation demeure, une limite peut-être : celle de l’ironie du réalisateur, de la façon lucide dont il orchestre le réel, donnant parfois l’impression de prendre sa revanche.

Genre : Documentaire

Générique

Équipe technique :

Production - Distribution :

Informations techniques

Métrage : Long

Durée d'origine : 109

Couleur/NB : Couleur

Sonore/muet : Sonore

Consultation

État dans les collections : Déposé

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