Gaucho Gaucho

Film

Les Cavaliers des terres sauvages

Michael Dweck , Gregory Kershaw

Année de production :  2023

Pays de production : Etats-Unis

Identité

Type d'oeuvre : Cinéma

Unité documentaire : Unitaire

Année de sortie dans le pays d'origine : 2024

Date de sortie en France :

  • 22/10/2025

Numéro RCA / VISA : 165919

Classification :

  • Tous publics - 13/10/2025

Description

Résumé

Jusqu’à quel point la mise en scène documentaire dénature-t-elle son propre sujet ? La question est essentielle car on imagine mal la stylisation outrancière d’un thème aussi grave que les violences conjugales ou la prostitution. D’où une réaction naturelle : celle du cinéma-vérité des années 1950 (Chronique d’un été

de Jean Rouch et Edgar Morin, ou encore Primary

de Robert Drew), qui préfère la retenue et la distance faussement neutre. La caméra s’installe loin, comme pour ne pas déranger et mieux capter l’instant. Mais dès lors que ce retrait devient un choix esthétique, il n’est plus neutre. Les Cavaliers des terres sauvages

illustre parfaitement ce paradoxe. Plus des deux tiers du film repose sur de longs plans fixes, entrecoupés de quelques travellings ou de rares prises de vue subjectives, comme celles du cheval lors d’une démonstration équestre. Cette distance, toute relative, tend moins à observer qu’à muséifier. Elle fige les gauchos, les enferme dans un dispositif cinématographique qui les embaume, comme si l’enjeu n’était pas leur adaptation au monde globalisé (ce qui est pourtant explicité dans la note d’intention) mais leur préservation dans un cadre patrimonial. Le film, en voulant restituer leur singularité, les prive de leur geste pour se concentrer sur leur parole. Même les travellings, supposés accentuer le mouvement, participent à cette inertie. Cocteau soulignait l’absurdité de filmer un cheval au galop en travelling : il devient immédiatement immobile. Les Cavaliers des terres sauvages

tombe dans le même piège. Voulant célébrer le mouvement - celui d’un peuple en mutation - il le fige. Peut-être faut-il voir dans ces travellings un clin d’œil aux célèbres images équestres d’Eadward Muybridge, citées dans Nope

de Jordan Peele, souvent présentées (à tort ou à raison, le débat est éternel) comme les premières images de cinéma. Quoi qu’il en soit, l’absence de mouvement se double ici d’une absence de véritable mise en scène. La faiblesse majeure du documentaire réside dans ce manque de point de vue. Il se rêve fresque, mais ne propose que des fragments kaléidoscopiques reliés par un même sujet et non par un projet clair. On ressort avec peu de connaissances nouvelles sur les gauchos car en voulant filmer des hommes et des femmes « en général », le film oublie d’incarner des hommes et des femmes en particulier. Le titre français lui-même, Les Cavaliers des terres sauvages

, est un pastiche évident des grands westerns américains ou italiens. Il se veut une critique ironique des représentations figées de cette culture. Mais l’intention reste fragile. L’histoire du cinéma regorge déjà de stéréotypes : on pense aux figures hispaniques réduites au rôle de « gringo » dans les westerns classiques, reléguées à une place de second rang, caricaturale et méprisante. Loin de corriger cette tradition, Les Cavaliers des terres sauvages

risque malgré lui de substituer à une vision caricaturale une imagerie muséale, qui prive les protagonistes de leur vitalité.

Genre : Documentaire

Générique

Production - Distribution :

Informations techniques

Métrage : Long

Durée d'origine : 84

Couleur/NB : Couleur

Sonore/muet : Sonore

Consultation

État dans les collections : Déposé

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