Sotto le Nuvole

Film

Pompei, Sotto le Nuvole

Gianfranco Rosi

Année de production :  2024

Pays de production : Italie

Identité

Type d'oeuvre : Cinéma

Unité documentaire : Unitaire

Année de sortie dans le pays d'origine : 2025

Date de sortie en France :

  • 19/11/2025

Société(s) de production :

Numéro RCA / VISA : 166312

Classification :

  • Tous publics - 14/11/2025

Description

Résumé

« C’est une bonne métaphore du temps et de l’Histoire des hommes », confie la conservatrice du musée, Maria Morisco, à son confrère Giorgio Albano devant des photos de Naples « éventrée » par un séisme. De fait, pour son quatrième film, articulé autour de séquences prenant alternativement le temps d’observer et de laisser vivre des pompiers répondant à des appels d’urgence, des élèves travaillant chez leur professeur Titti, un procureur de la République traquant les pilleurs de vestiges, des marins syriens nettoyant la soute de leur cargo de son blé ukrainien, des archéologues japonais détachés de l’Université de Tokyo, une conservatrice du Musée de Naples et son confrère… le réalisateur de Fuocoammare

(2016) trame une dialectique époustouflante entre les sons, les silences, les images d’un noir et blanc sublime et les rares dialogues pour aboutir, entre feu des incendies et eau de la mer et des orages, nuages des fumerolles et autres célestes, à une vision quasi alchimique de Naples et de sa menaçante ombre tutélaire : le Vésuve. Un regret toutefois : si chaque segment est, dans son détail, d’une cinégénie à l’esthétique confondante, ainsi qu’un véritable creuset dans lequel le présent et le passé distillent une lumineuse intemporalité - donnant néanmoins à l’ensemble l’impression d’être “une machine à remonter le temps” -, ce film aurait gagné à faire quinze à vingt minutes de moins. En effet, sans remettre en cause la qualité exceptionnelle de chaque maillon, une forme de redondance languissante s’installe sur la fin. Ainsi, les appels chez les pompiers : tour à tour inquiétants (incendie), tragiques (insupportable scène de violences conjugales en direct), drôles (cet homme appelant régulièrement pour avoir l’heure) ou tragi-comiques avec ce mari qui ne peut relever sa femme de 200 kilos tombée de son lit, leur répétition n’apporte in fine rien au fil narratif. On objectera que c’est une façon sublime de confronter la panique des vivants (face à un séisme de magnitude 4,5 ou à un incendie) au silence des morts, figés dans leur angoisse depuis l’an 70 après J-C. Tout comme l’ultime passage avec les marins syriens épuisés, affalés et enduits de poussière, rappelle, par leur pose, les morts de Pompéi. Sans oublier cet archéologue japonais recroquevillé sous l’orage devant des ossements de chien. Chacun s’en fera donc son ressenti. Quoi qu’il en soit, placé sous la citation poétique de Jean Cocteau (« Le Vésuve fabrique tous les nuages du monde »), nous transportant à bord du Circumvesuviana (train menant à Pompéi), nous menant des hauteurs aux profondeurs de la cité, faisant dialoguer vie présente et morts ressurgies du passé, enrobé par la musique électro envoûtante de Daniel Blumberg, ce voyage entre Histoire appartenant à l’Humanité et histoires quotidiennes de cette ville que les archéologues veulent « libérer pour la rendre à la collectivité » est une authentique œuvre d’art, édifiante et intelligente. À cet égard, la scène sous-marine finale où des statues immergées regardent des poissons leur tourner autour alors qu’un « nuage » de sable les voile peu à peu apporte une fascinante conclusion. 

Genre : Documentaire

Générique

Réalisation :

Musique :

Équipe technique :

Production - Distribution :

Informations techniques

Métrage : Long

Durée d'origine : 114

Couleur/NB : Couleur

Sonore/muet : Sonore

Consultation

État dans les collections : Déposé