Identité
Autres titres :
- Une nuit sous un sapin (France)
Type d'oeuvre : Cinéma
Unité documentaire : Unitaire
Année de sortie dans le pays d'origine : 2025
Date de sortie en France :
- 17/12/2025
Société(s) de production :
Numéro RCA / VISA : 160931
Classification :
- Tous publics - 01/12/2025
Description
Résumé
est splendide : cimes baignées de brume, famille de cerfs traversant un point d’eau au petit jour, plan saisissant donnant à voir la cohabitation entre espèces sur un tronc d’arbre… Dans le discours qu’il produit, ponctué de banalités et de vérités premières (« c’est des sons qui sonnent juste », décrète-t-on ainsi à l’écoute de la forêt), c’est un peu moins évident. Michel, Vincent, Simon : trois générations dont les échanges, dans la petite cabane familiale, à voix basse et autour d’une table éclairée à la bougie, témoignent à la fois de ce qui, en l’espace de quelques décennies, aura périclité globalement (le nombre et la diversité des espèces animales) et persisté localement, i.e. à l’échelle des Munier (le goût de la nature, la culture de l’affût, transmis par Michel à ses fils et petit-fils). De fait, le film est pris dans un double mouvement : d’un côté, dénombrer ce qui n’est plus, se raréfie, s’efface ; de l’autre, persister à s’émerveiller de ce qui subsiste. Et, dès lors, il donne l’impression de ne pas très bien savoir se débrouiller de sa tristesse, décidé semble-t-il à déplorer les pertes et se réjouir des restes de façon équitable. Une tristesse qui, dans le fond, ne lui est pas propre, mais vaut pour quantité de films témoignant de l’atteinte portée au vivant - c’est que l’effondrement des écosystèmes coïncide avec l’apparition ou le perfectionnement des outils permettant leur captation (scruter les abysses, la nuit, ou l’infiniment petit, comme jamais auparavant), et qu’il n’y a là aucun hasard ; que l’un et l’autre participent d’une même Histoire, qu’il est possible qu’on feigne de ne pas voir que la fonction de ces images pourrait être, en définitive, de se substituer aux espèces. Autre paradoxe que ne pense pas Munier : au détour d’une phrase de son père, le film semble esquisser une écologie du regard invitant à rompre avec une approche dont le philosophe Alexandre Lacroix supposait qu’elle consistait à « importer dans le domaine de l’esthétique environnementale une notion de hiérarchie [nous venant] des beaux-arts », c’est-à-dire à distinguer les espèces et les paysages dignes d’intérêt, à élire par exemple l’ours, le loup, la panthère - sujets de précédents films de Munier - au détriment de tous les autres. Mais, cela étant posé, Munier veillera à nous gratifier d’une apparition spectaculaire, celle du rare Grand Tétras qui, depuis toujours, fascine Michel - quand bien même il faudra pour cela aller le chercher en Norvège… Tiraillé entre déploration et élégie, affaire collective et intime, appel au plus grand nombre et repli familial, le film ne séduit donc jamais autant que lorsqu’il en rabat sur le discours.
Mots clés : Norvège, Animal, Forêt, Neige, Oiseau, Relation père/fils, Vosges, Relation grand-père/petit-fils
Genre : Documentaire
Lieu(x) de tournage : Vosges, Norvège
Générique
Informations techniques
Métrage : Long
Durée d'origine : 94
Couleur/NB : Couleur
Sonore/muet : Sonore
Récompenses et nominations
- 2026 - Meilleur film documentaire - César du Cinéma Français
Consultation
État dans les collections : Déposé