Historias del buen valle
Film
Histoires de la bonne vallée
Identité
Type d'oeuvre : Cinéma
Unité documentaire : Unitaire
Année de sortie dans le pays d'origine : 2025
Date de sortie en France :
- 17/12/2025
Société(s) de production :
Numéro RCA / VISA : 164380
Classification :
- Tous publics - 01/12/2025
Description
Résumé
plongeait le spectateur au cœur d’un chantier de démolition et de reconstruction dans le quartier du Raval à Barcelone. À partir de cette déambulation urbaine, le réalisateur catalan proposait une réflexion pertinente sur le temps (historique, humain, métaphysique). Plus de deux décennies plus tard, il fait un pas de côté et filme un paysage en voie de disparition et l’avènement d’un tout autre. Nous voici donc dans un quartier limitrophe de la banlieue barcelonaise. Traversée par une rivière, une autoroute et des voies ferrées, Vallbona se démarque par son histoire et son tissu social. Ancien domaine féodal, « la bonne vallée », orpheline de tout plan d’urbanisation, est devenue, sur plusieurs générations, le lieu de villégiature de diverses communautés : des gens du Sud, des gitans portugais, des citadins, mais aussi des immigrés d’Afrique du Nord, d’Ukraine et d’Inde. Aujourd’hui, la topographie et la morphologie humaine du quartier se retrouvent menacées par les nouvelles politiques urbanistiques. Fidèle à son style, José Luis Guerín mêle et s’amuse à brouiller les frontières entre fiction et documentaire. Il y a d’abord ces premiers plans, exclusivement composés d’archives historiques (des images photographiques et filmiques). Puis une phase de casting que le réalisateur met en place pour rencontrer les riverains. Les échanges, d’abord anodins, révèlent un geste précis : le cinéaste révèle non seulement les qualités individuelles de chacun, mais aussi leur puissance fictionnelle. Les déambulations qui vont suivre vont alors entrecroiser les mémoires. Il y a celle d’un vieux charbonnier parcourant les ruines des premières habitations et se remémorant ses proches défunts. Il y a celle d’une gitane portugaise, dépositaire d’une culture païenne ayant trouvé refuge dans les forêts voisines. Il y a celle d’une mère et d’une fille, qui, comme bien d’autres, écrivent les pages de l’émigration mondiale du XXIe siècle. Et il y a encore celle d’une mère de famille, qui a fui son pays en guerre (l’Ukraine). Le chantier cinématographique de José Luis Guerín se révèle aussi précis que passionnant : il confie aux habitants la narration de son film, mais prend aussi un malin plaisir à les mettre en scène. Comme lorsqu’il opère des glissements filmiques au sein d’un même espace (un potager partagé ou un immeuble d’habitation, par exemple) : la caméra va et vient entre différents groupes (familiaux ou ethniques) et capture ainsi un moment précis selon différents angles. Ou encore, lorsqu’il choisit de conclure son documentaire en imaginant l’arrivée imminente de la police à la rivière interdite à la baignade. Laquelle encourage la fuite tantôt amusée, tantôt paniquée des riverains. Plus que son vaste propos (la résistance poétique d’une communauté hybride face aux conflits urbains, identitaires, sociaux et écologiques), ce sont ces choix formels, à la fois intelligents et ludiques, qui enthousiasment en cela qu’ils ne trahissent jamais la réalité.
Genre : Documentaire
Générique
Informations techniques
Métrage : Long
Durée d'origine : 123
Couleur/NB : Couleur
Sonore/muet : Sonore
Consultation
État dans les collections : Déposé