Le long du train la cavalerie charge. Et le visage de l'homme se fond dans celui d'un adolescent d'autrefois : 1939. Les beaux jours sont là. Pour Witeck c'est le bac qui approche. En compagnie de Lowa, son ami, il se laisse toutefois entraîner dans la propriété voisine, chez les deux soeurs aux charmes mûrissants et aux airs décadents. Au grand dam de sa pieuse et craintive maman qui se met vraiment en souci lorsqu'elle voit son enfant s'énamourer bon gré mal gré de la toute belle Alina. Sur celle-ci veillent un père accariâtre et un cousin étrange et un gros chien bientôt complice. Witeck, qui ne l'avait jamais remarquée dans le train vers leurs lycées, n'a d'yeux que pour elle et reste insensible aux appâts pourtant volontiers avancés de Greta, la soeur d'Engel son tédesque condisciple. La cavalerie parade. L'homme, fantôme aux oreilles coiffées d'un walkman, croise et recroise les pas de Witeck, lui parle d'après. L'adolescent ne se sent plus d'amour. Il cherche son élue, l'appelle, la retrouve, doute et se morfond, puis espère à nouveau. Il insiste, quitte à recevoir du gros sel dans les fesses, même s'il ne comprend pas nettement le rôle de ce cousin qu'il a défait au bras de fer, conquérant ainsi sa belle. Dans la ville, les juifs inquiets s'assemblent. A la villa des soeurs, le ton est moins folâtre. Witeck, entre tous, a raté son bac. Mais Alina est là. Et rendez-vous est pris pour de secrètes épousailles qu'une mort douce et commune clora. Dans la lumière d'été les deux jeunes gens s'aiment. Alors que Greta récalcitrante regagne l'Allemagne, que Lowa endosse l'uniforme, ils s'endorment. L'éclat des obus autour d'eux les réveille. Sous le feu, la cavalerie avance.