Cinq leçons de théâtre d'Antoine Vitez = Antoine Vitez s'amuse avec Claudel et Brecht
Film
Identité
Type d'oeuvre : Cinéma
Année de sortie dans le pays d'origine : 1980
Date de sortie en France :
- 01/11/1980
Société(s) de production :
Description
Résumé
Le grand metteur en scène de théâtre, Antoine Vitez, est mort des suites d'une longue maladie en 1990, alors qu'il administrait la Comédie-Française. C'est en 1976, alors qu'il était encore professeur au Conservatoire National Supérieur d'Art Dramatique, à Paris, qu'une partie de ses cours a été filmée par Maria Koleva. Des kilomètres de pellicules ont été impressionnés par la réalistrice bulgare dont elle a tiré le matériel de douze leçons. C'est une véritable militante du septième art qui travaille dans l'artisanat, que Maria Koleva... aussi ses moyens financiers ne lui ont toujours pas permis de monter les douze leçons. Ce sont les huitièmes et neuvièmes qui sont présentées ici. Les dernières qu'elle ait montées en 1993. Les leçons sont retravaillées, disséquées, relues. La réalisatrice joue avec les métaphores et les incrustations. Le discours du maître prend alors une autre dimension, plus universelle. Les mots seuls résonnent parfois sur l'écran noir. On prend plaisir à voir Antoine Vitez qui cherche à convaincre les apprentis-comédiens de son cours... dont on reconnaît quelques visages qui aujourd'hui poursuivent pour certains une carrière méritoire. Denise Chalem, par exemple, y déploie déjà un talent rare. C'est une autre version, plus réelle, sans doute, d'Entrée des Artistes, sans la faconde un rien outrancière de Jouvet. Avec les mots de Brecht, dans sa pièce "Le Libéré", Vitez impose un cadre. Sur une scène de théâtre, il définit une interprétation en plan serré. Dans un espace réduit, chaque attitude est déterminante, chaque geste prend une importance énorme. C'est qu'il est passionnant Vitez, en proie à la création, qui tâtonne, qui essaie, qui expérimente. On découvre quelques-unes de ses audaces, de ses folies. Il y a aussi les mots de Claudel dans " L'Echange", des mots chargés de mystère et de poésie mystique qui révèlent la maladresse des étudiants. Alors Vitez se révolte, tempête. Une leçon est, ici, une recherche. La classe est un laboratoire où chacun a la parole, où l'interprétation juste se traque, où les mots sont bousculés, où l'on va à la rencontre d'un auteur pour comprendre. L'idée se dessine. Vitez s'agite. �!a y est, il sait. Tout prend forme. C'est délectable. Comme un accouchement parfois difficile, l'interprétation est révélée. Et tout coule. Débarrassé du mystique, du surnaturel, Claudel nous parle. Pour un peu, il nous ferait rire. C'est un moment unique de cinéma et de théâtre qui nous est offert avec ce documentaire de Maria Koleva.
Générique
Informations techniques
Métrage : Long
Durée d'origine : 80