Loin du front où la vraie guerre existe, une antenne médicale militaire italienne a planté ses tente dans le désert libyen. On est en 1941 et les médecins-soldats n'ont rien à faire. Pourtant le décor est planté pour que tout fonctionne comme si le camp était en pleine effervescence. Et les responsables s'y emploient. A leur tête, un capitaine mythomane en plein délire guerrier, Oscar Pilli. Il remplace un autre cinglé d'un genre opposé, qui négociait depuis des mois son affectation romaine, détestant, lui, l'armée et le pouvoir et n'ayant qu'une idée en tête ; retrouver sa jeune épouse d'au moins vingt ans sa cadette pour des folies nocturnes (et diurnes d'ailleurs, bref non-stop), dans la capitale italienne. Oscar Pilli est bien différent. Amoureux des mouches et du soleil levant, il s'adonne à ses nouvelles responsabilités avec la fougue d'un général en plein combat. Ses journées se déroulent invariablement, selon un programme immuable d'une rigueur absolue : tout commence par une incantation à l'Astre solaire effectuée en tenue d'Adam ; il s'enferme ensuite des heures dans sa tente, après y avoir fait préalablement entrer ses insectes préférés pour subir le plaisir de leurs frôlements ailés ; puis il vérifie le compte de sa collection personnelle de paires de lunettes volées avant de hurler ses ordres à sa Compagnie. Ordres bien inutiles et dérisoires du reste, puisqu'il n'y a rien à faire. Et lorsque par hasard un hélicoptère débarque quelques blessés, il opère avec une telle hargne et fureur du geste accompli, que les pauvres bougres passent de vie à trépas sous ses mains sanguinaires.