De Nuremberg à Nuremberg

Film

Frédéric Rossif

Année de production :  1988  (Présumé)

Pays de production : France

Identité

Type d'oeuvre : Cinéma

Année de sortie dans le pays d'origine : 2005

Date de sortie en France :

  • 30/03/2005

Description

Résumé

"Réveiller les mémoires", était le but que s'était fixé Frédéric Rossif en concevant, avec Philippe Meyer, ce qui serait le meilleur documentaire jamais réalisé sur le nazisme, qui fut diffusé sur le petit écran en 1989. Rossif avait volontairement combattu l'Axe sous la conduite de De Lattre, Meyer est de la génération du "baby boom", celle qui, comme il en témoigne sur le DVD édité par les �0ditions Montparnasse, s'est souvent construite en se demandant ce qu'elle aurait fait lors de ces années noires. Dès la fin des années 70, les nostalgiques des fascismes relevaient la tête, et leur meneur français osa parler de "point de détail" à propos des chambres à gaz. Les négateurs du Génocide foncèrent dans la brèche tout au long des années 80, relayés par des médias complaisants ou inconscients. En 1987, P. Vidal-Naquet publiait son essentiel Les Assassins de la Mémoire
, Rossif et Meyer se mettaient à l'ouvrage. "Peut-on tout dire en 3 heures" ? Meyer, auteur et diseur remarquable du texte, répond qu'un livre de 300 pages peut prétendre à une certaine exhaustivité : pourquoi pas un film ? Celui-ci est d'ailleurs construit comme un livre d'une lisibilité parfaite. Deux parties : "Le triomphe de la volonté" (citation de l'exaltation par L. Riefenstahl du congrès nazi de 1935 à Nuremberg), 1933-1941 en douze chapitres, le premier étant une intelligente mise en rapport du nazisme, des fascismes italien et japonais et de leurs épigones ; et "La défaite et le jugement", quinze chapitres conclus par une magistrale synthèse à partir des chefs d'accusation du procès de Nuremberg en 1945-46. Seule entorse à la règle que les auteurs s'étaient fixés (ne montrer que des documents d'archive) : la toute fin où, dans une pièce de Peter Weiss sur Auschwitz, on rappelle combien furent nombreux ceux qui ne pouvaient que savoir. Ce qui élève ce film au rang du chef-d'oeuvre, c'est d'abord sa rigueur, la maestria de l'ordonnancement des documents, la précision du texte, ni moralisateur ni affectif : celui-ci n'est jamais redondant, l'image n'est jamais illustration. C'est ensuite la force explicative des documents retenus. Beaucoup étaient en 1989 non ou peu connus : l'immonde concours entre SS de la meilleure photo de leurs victimes immédiatement avant leur assassinat, l'atroce tragédie du ghetto de Varsovie, le survol des ruines de Nüremberg par un avion allié... "L'antisémitisme est la seule forme de pornographie autorisée dans le IIIe Reich" déclara Hitler. Cette citation, rappelée dans le film, trouve, en 2005, un sinistre écho : agressions, profanations, insultes, prêches, jusqu'aux provocations antisémites d'un sinistre histrion, montrent que le combat pour la vérité historique et contre la résurgence de la "bête immonde" est loin d'être gagné. Sortir ce film sur grand écran s'imposait donc.

Genre : Documentaire

Informations techniques

Métrage : Long

Durée d'origine : 177

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