Cindy, the doll is mine
Film
Identité
Type d'oeuvre : Cinéma
Année de sortie dans le pays d'origine : 2005
Date de sortie en France :
- 28/09/2005
Société(s) de production :
Description
Résumé
a été projeté tout seul comme un long dans un vrai cinéma (le MK2 Beaubourg), et seul le prix de la séance (1 euro) le différenciait de ses grands frères. L'expérience avait déjà été tentée par MK2 avec L'Homme sans tête
de Juan Solanas. C'était il y a deux ans. Il semble donc qu'il n'y ait pas de volonté de la part du distributeur d'institutionaliser ces séances, mais qu'il s'en réserve simplement la possibilité au gré des occasions, des coups de coeur... Et ce fut le cas en l'occurrence. Cindy
est à l'origine une commande, dans le cadre de laquelle il était proposé de faire un film en prenant pour point de départ une oeuvre d'art contemporain. Bertrand Bonello a donc choisi de s'intéresser au travail de la photographe Cindy Sherman, "car elle est sa propre oeuvre". Ensuite, concrètement, qu'est-ce que cela donne ? Deux femmes. L'une est brune, un peu androgyne et photographe. L'autre est blonde, ultra féminine et modèle. Cependant elles ont le même visage. Et donc, la brune regarde la blonde avec circonspection. Et la blonde regarde la brune avec inquiétude. Et elle essaie des poses, se tord, se traîne par terre, cherche ce que veut la photographe. La photographe qui, de son côté, cherche elle aussi ce qu'elle veut. Enfin, elle demande à la blonde de pleurer. Pour l'y aider, elle met un disque (Blonde Redhead, The Doll is mine
). Le modèle pleure. La photographe pleure. C'est fini. Sur un dispositif aussi simple et une durée aussi courte, difficile à première vue de trouver un point d'accroche, de développer un sentiment précis. Une solution peut être alors de rattacher ces quelques images à l'ensemble plus large d'où elles sont issues : le monde de Bertrand Bonello. Un monde chaotique, mais où viennent sans cesse se reformer quelques figures obsessionnelles. Quelqu'un enferme quelqu'un d'autre. Quelqu'un regarde quelqu'un d'autre jusqu'au vertige. Quelqu'un se transforme pour satisfaire quelqu'un d'autre. Quelqu'un cherche quelque chose, et puis tout d'un coup agit. Tous ces motifs se répètent, se déclinent et se transforment, dans une oeuvre en perpétuelle mutation. Cindy recompose ce parcours sur une petite distance, synthétise le rituel. L'effet, forcément, est moindre. Mais le contexte compense. Car, comment aborder ce film, ce fragment absolument dépourvu de narration, jeté tout seul dans une grande salle de cinéma ? Peut-être simplement en acceptant de suivre le cinéaste dans son désir d'aventure, de prise de risque. En nous laissant aller à perdre nos réflexes, et en acceptant qu'un film puisse être juste une image, une petite musique, une courte sensation sans contexte...
Genre : Fiction
Générique
Informations techniques
Métrage : Court
Durée d'origine : 15
Couleur/NB : Couleur
Consultation
Lieux de consultation du film et conditions d'accès :
- La Cinémathèque française (Bibliothèque) - Accès libre