The Cremaster Cycle

Film

The Cremaster Cycle

Matthew Barney

Année de production :  1994

Pays de production : Etats-Unis

Identité

Type d'oeuvre : Cinéma

Date de sortie en France :

  • 06/07/2005

Description

Résumé

En 2002, Matthew Barney, jeune prodige de l'art contemporain, achevait une oeuvre-monstre lui ayant demandé huit ans de travail : The Cremaster Cycle
. A l'époque, le Musée d'art moderne de Paris avait diffusé l'intégralité des films dans le cadre d'une exposition. En marge de l'événement, un cinéma MK2 avait, lui aussi, fait quelques vidéoprojections des Cremaster
. En 2005, le cycle accédait à une diffusion en salle plus officielle : un distributeur prenant en charge la sortie, et les films étant répartis en trois programmes d'une durée correspondant à peu près aux standards traditionnels. Une sorte de renaissance donc, qui incite plus que jamais à considérer les Cremaster
comme des films à part entière. Certes, on pourrait trouver des précédents à cette fusion entre deux mondes. Sophie Calle, par exemple, avait créé, avec No sex last night
, une extension cinématographique de son oeuvre de plasticienne. Mais ce film avait, du moins, été conçu directement pour l'écran. En revanche, il s'agit ici d'une transplantation assez unique en son genre : une oeuvre passant directement du musée aux salles de cinéma. Une expérience a priori étrange, mais parfaitement adaptée à un travail creusant jusqu'au vertige le thème de la métamorphose. En effet, The Cremaster Cycle
se présente comme une sorte de grand chaudron bouillonnant, où se mélangent les formes, les références, les registres et les thèmes, sans liens apparents, si ce n'est l'évocation de la naissance et, plus particulièrement, de la phase d'indifférenciation qui la précède. Cremaster 1
s'appuie sur un pastiche des chorégraphies de Busby Berkeley. Cremaster 2
, lui, est une évocation de la vie de Gary Gilmore, assassin auquel Norman Mailer (qui joue dans le film) avait consacré son Chant du bourreau
. Panneau central du cycle, Cremaster 3
est un monstre de 3h et, a priori, un bouquet final, concentrant, par allusions, les quatre autres épisodes. Cremaster 4
, premier épisode tourné, est une évocation métaphorique du fameux "Cremaster", muscle qui provoque, en se contractant, l'ascension et la descente des testicules. Cremaster 5
, enfin, se pose délibérément comme un reflet inversé (par sa forme et ses thèmes) du premier segment. Voir au cinéma cet immense puzzle de fantasmes et de symboles constituera de toute évidence une expérience étonnante, en phase avec une époque où les cloisons entre les disciplines artistiques se font de moins en moins étanches. Toutefois, il convient d'être conscient que l'on est là dans le domaine de l'avant-garde : là où les tentatives sont extrêmes et les résultats indigestes. Là où s'élaborent des propositions, qui n'ont pas vocation à répondre à nos attentes de spectateurs.

Informations techniques

Métrage : Long

Durée d'origine : 397