Portrait of Jason

Film

Portrait of Jason

Shirley Clarke

Année de production :  1967

Pays de production : Etats-Unis

Identité

Type d'oeuvre : Cinéma

Date de sortie en France :

  • 19/03/2014

Description

Résumé

"Mon nom est Jason Hollyday", dit un homme d'une cinquantaine d'années, habillé élégamment d'un blazer et d'un pantalon très chic. Ses superbes chaussures s'accordent à la distinction de l'ensemble. Et maintenant, avec une coquetterie souriante : "Mon nom est Aaron Payne." En 1966, dans une chambre du mythique Chelsea Hotel, à New York, Jason-Aaron commence à raconter sa vie face à la caméra de Shirley Clarke (The Connection), cinéaste underground. Il va et vient, s'assoit, s'allonge sur un sofa, envoie ses mains tracer des arabesques dans l'espace, donnant l'impression d'improviser sous nos yeux son prochain one-man-show. Il rit souvent en décrivant par le menu sa vie de prostitué dans une Amérique percluse d'hypocrisie puritaine, sa vie de Noir dans une Amérique violemment tourmentée par le racisme, sa vie d'homosexuel dans une Amérique où l'hétérosexualité est vécue comme un dogme. Changer de nom lui a permis de s'occuper de ses propres problèmes sans plus s'attacher à ceux des autres, comme il le faisait trop souvent. Il peut aussi "faire le larbin" pour de riches bourgeoises. Il promène leur chien, fait le ménage, la cuisine, la conversation⬦ Ou bien, rien d'autre que lire des magazines et déguster du homard. Parfois, après avoir pris l'une de ses pilules, il nettoie tout, du sol au plafond. Au point d'en oublier ses besoins naturels. ì ce moment de sa vie, il voit deux psychologues, dont il n'est pas satisfait. Alors qu'il essaye d'oublier le sexe, l'un d'eux le relance sans cesse sur le sujet. Soudain, une voix lance : "Coupez !" Puis : "�!a tourne !" Jason revient sur son aversion pour le boulot de 9h à 17h. Il préfère gagner sa vie grâce à des "combines". Il égrène les souvenirs de certaines de ses employeuses, dont les amies n'aimant guère les Noirs peuvent lui dire : "Tu es le seul Noir que j'aime bien." Il désire depuis longtemps monter sur les planches et répète un numéro avec un pianiste. L'écran devient noir (cela se produit à plusieurs reprises) : "Bobine 2, il reste vingt minutes". Jason se déclare satisfait d'être filmé. Il espère, avec son spectacle, gagner beaucoup d'argent de façon à rembourser ses amis. Son insistance à entrer dans le détail de son rapport à l'argent crée un léger malaise. S'installe l'impression qu'il se vautre dans le bourbier de sa culpabilité, que la réalisatrice, par ses relances verbales, ne fait que flatter l'inclination au masochisme de cet homme à la dérive. Suit le récit d'une tentative de suicide, de ses cuites, d'épisodes de sa vie d'enfant battu par son père. "Je veux juste être normal", conclut Jason. ì la fin, en off, une voix masculine et celle de la réalisatrice le tancent : "Sois honnête !" ; "Arrête ton cirque !" ; "Tu n'es qu'une sale putain !" Et lui, continuant sur le même ton d'histrion : "On ne m'a jamais rien dit d'aussi gentil." Ce film reflète une certaine complaisance pour le narcissisme dans le cinéma indépendant américain des années 1950 et 1960, mais n'en saisit pas moins certaines tares de la société de l'époque, telle que le racisme. Par son histrionisme, le récit de Jason les met en évidence, l'air de rien, ce qui en renforce la violence. _P.F.

Générique

Équipe technique :

Production - Distribution :

Informations techniques

Métrage : Long

Durée d'origine : 105

Couleur/NB : Couleur

Consultation

Lieux de consultation du film et conditions d'accès :

  • La Cinémathèque française (Bibliothèque) - Accès libre

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