Cavalier Express

Film

Alain Cavalier

Année de production :  2013

Pays de production : France

Identité

Type d'oeuvre : Cinéma

Année de sortie dans le pays d'origine : 2014

Date de sortie en France :

  • 12/11/2014

Description

Résumé

Composé à l'initiative de l'Agence du court métrage, dans le cadre de sa collection "Une mémoire en courts", ce patchwork de films courts de différentes époques est l'occasion pour Cavalier d'une sorte de bilan de son parcours. Le programme s'ouvre sur La Matelassière, extrait de la série des Portraits, réalisés entre 1987 et 1989. Cette femme aux mains déformées, qui affirme qu'elle mourra au travail, lance le programme sur les thèmes de la douleur et de la noblesse du travail. Cette idée de souffrance se retrouve dans le film suivant : la Lettre d'Alain Cavalier (1982), tournée pour l'émission Cinéma Cinémas. Dans ce film réalisé durant la préparation de Thérèse (qui ne sortira que cinq ans plus tard), Cavalier évoque toutes les lourdeurs (notamment l'impératif du scénario) qui lui feront rompre avec le système "officiel" du cinéma, tout en posant déjà les bases du langage qu'il mettra en place dix ans plus tard pour échapper à ce même système. Tout est déjà là (la voix en son direct, l'art de tirer le maximum des objets les plus simples...) et le premier plan est déjà un chef-d'oeuvre de ce qu'est le cinéma de Cavalier aujourd'hui. Le cinéaste pose une feuille blanche à plat sur une table et nous dit : c'est un écran, celui sur lequel devra se projeter un film. Et on voit cet écran. Tout en sachant que ce que l'on voit ce n'est que la feuille, désespérément vierge, sur laquelle va d'abord devoir, douloureusement, se formuler le projet. Avec presque rien, Cavalier dit tout. En faisant ce qui pourrait être de l'anti-cinéma, il montre comme personne ce qu'est la magie du cinéma... Ensuite, retour en arrière. Dans Elle, seule (2011), Cavalier reprend la matière de l'un de ses films les plus populaire, La Chamade (1968), pour en proposer un remontage où ne sont conservés que les plans montrant Catherine Deneuve, seule. Le résultat est moyennement convaincant, mais l'idée reste assez belle. ì ces images de Deneuve à 25 ans, dans lesquelles semblent se condenser tout le glamour du cinéma, vient ensuite s'opposer celle du visage, très abîmé mais aussi incroyablement noble, de La Rémouleuse. Dans le film suivant, J'attends Joël, il est question plus directement de mise en scène. Sorte d'ébauche de la séquence centrale d'Irène (où Cavalier reconstituera les conditions dans lesquelles il a appris la mort accidentelle de sa femme, en 1972), ce film est une véritable leçon de cinéma, où juste avec une voix, une chambre, une fenêtre et une situation dramatique minime (Alain attend un ami pour aller voir la finale de la Coupe du monde de foot), le cinéaste réussit à créer un authentique suspense. Puis, dans Faire la mort, Cavalier explique qu'il lui paraîtrait incongru aujourd'hui, après avoir filmé son père et sa mère sur leur lit de mort, de filmer la mort "pour de faux", comme il le faisait à l'époque de ses premiers films. Enfin, après un détour par le cinglant "film tract" Agonie d'un melon, le programme se conclut sur le portrait solaire de L'Illusionniste, qui apparaît ici comme un autoportrait du Cavalier enchanteur, s'emparant des objets du quotidien pour les rendre magiques. De la Matelassière à L'Illusionniste, du travail laborieux à l'illusion de la simplicité, la boucle est bouclée. _N.M.

Informations techniques

Métrage : Long

Durée d'origine : 85

Couleur/NB : Couleur

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