Below Sea Level
Film
Below Sea Level
Identité
Type d'oeuvre : Cinéma
Date de sortie en France :
- 28/09/2016
Description
Résumé
Slab City est un gigantesque campement perdu dans le désert, sous le niveau de la mer, où réside une population hétéroclite de marginaux, de déclassés, ne possédant rien si ce n'est une voiture ou une caravane. Ils ont eu une vie "normale" avant. Avant la ruine, le coup dur ou le ras-le-bol. "Bus Kenny" dit qu'il ne pouvait dormir nulle part, même dans un parc : "Occupation illégale d'un lieu public". Il n'y a qu'ici, dans le désert, que l'on ne vient pas le chasser. Mike Bright a perdu sa fille, victime d'un accident de la route. Il a toute sa tête mais ça ne l'empêche pas d'appeler régulièrement son numéro, pour lui demander si ça va, lui dire qu'il a besoin d'elle. "Bulletproof" a survécu à une balle dans la tête. Elle est dynamique, souriante, et a rencontré son compagnon, "Insane Wayne", en arrivant à Slab City. Il a le regard un peu fou, proclame de temps à autre qu'il va "tuer Dieu", mais c'est quelqu'un de plutôt sympathique. Gianfranco Rosi a pris le temps (plusieurs années) pour approcher ces personnes fracassées et pourtant si fortes. Pas d'eau courante, pas d'électricité, pas de toilettes, que de la débrouille. Et les quelques maigres aides de l'�0tat. Cindy, ancien soldat de la Navy, mariée six fois, est aujourd'hui la charmante coiffeuse de ce petit monde. Le visage est buriné mais le sourire doux et amical. Quelle fut sa vie d'avant ? Qu'est-ce qui l'a amenée là ? On ne saura pas tout, loin s'en faut. Rosi filme des échanges, des moments de vie, ou encore les gens seuls chez eux, confiant au documentariste quelques bribes de leurs passés. Le cinéaste ne s'attarde pas, certains le regretteront, sur l'aspect concret de leur survie. On voit le "water guy" livrer l'eau avec son pick-up, on voit les points d'eau où on peut se laver, mais pas de détails. De même concernant la vie "collective" : Rosi s'intéresse avant tout aux individus et n'évoque pas d'éventuelles "règles", fussent-elles tacites. S'ils sont tous jaloux de leur intimité et de leur tranquillité, des liens se sont tissés entre certains avec le temps, et ces amitiés sont au coeur du film. On est frappé par l'état d'esprit général, résigné mais semble-t-il plutôt positif, constructif. Ce n'est pas la fin : c'est une vie bricolée, fragile, mais qui a sa valeur. Mike compose tout au long du film une chanson qui résume tout cela. "On vit sous le niveau de la mer...", chante-t-il avec ses acolytes musiciens, "on ne reviendra pas", conclut le refrain. Il y a comme une revendication libertaire qui sourd des propos des uns et des autres. Sans théoriser, sans se raconter d'histoire, certains constatent qu'il n'y a qu'ici qu'ils peuvent fonctionner. Wayne serait peut-être interné dans le monde normal. D'autres feraient la manche et dormiraient sur les trottoirs. ì Slab City ils sont toujours aussi pauvres mais ce lieu préserve une liberté, une dignité que la société leur refuse. L'ancien soldat transgenre ne choque personne ; on ne va pas vous sommer d'arriver à l'heure pour quoi que ce soit : on ne vous demande pas d'où vous venez ou quels sont vos projets. Sans les envier, on comprend ce qu'ils trouvent ici.
Informations techniques
Métrage : Long
Durée d'origine : 110
Couleur/NB : Couleur