Hubert Reeves : la Terre vue du cœur
Film
Identité
Type d'oeuvre : Cinéma
Date de sortie en France :
- 23/05/2018
Description
Résumé
Par son titre, La Terre vue du coeur fonde avant tout une promesse : celle d'aborder par l'image et sous un angle humaniste, voir philosophique, les effets catastrophiques des activités humaines sur notre planète. Hubert Reeves, astrophysicien à la figure rassurante, sert ici de guide, et introduit avec douceur et simplicité une théorie déclinée cent fois depuis Home (2009) de Yann Arthus-Bertrand (documentaire lui-même dérivé du livre à succès La Terre vue du ciel) : le genre humain est seul responsable de la sixième extinction de la vie sur Terre. Ce constat fait, La Terre vue du coeur illustre les méfaits des actions de l'homme par le truchement d'interviews de personnes plus ou moins éminentes et/ou légitimes, qui ont été au contact des résultats de nos actes ou en lien avec certaines surprises que peut nous réserver la nature. Ainsi, Hubert Reeves cède sa place au directeur général d'un lobby de défense de l'environnement, à divers scientifiques, telle la nébuleuse botaniste Robin Wall Kimerrer, ou encore à Frédéric Lenoir, philosophe et fondateur d'une association de défense des animaux. En dehors de certains des intervenants un peu perdus dans leurs visions du monde, on peut ici pointer du doigt l'imagerie et la musique parfois new age utilisée pour montrer, par exemple, les réseaux de communications entre les systèmes racinaires des arbres. Par extension, la limite de l'approche philosophique est atteinte lorsque certains témoignages, dépourvus de preuves ou d'argumentations, sombrent dans le pathos, voir dans le mystique. Les faits qui sont rapportés, notamment à l'aide d'exemples piochés dans l'expérience des différents témoins, font parfois basculer le documentaire non plus du côté de l'information ou de l'illustration mais du côté du militantisme. On pourra ici citer l'absence de contraste entre la charge contre l'expérimentation animale et les effets pourtant mille fois plus dévastateurs de l'agriculture globalisée, ou encore l'illustration pour le moins anthropocentrée, par Elise Desaulniers, directrice générale de la SPA canadienne, du lien entre la vache et son veau. Si on comprend la volonté de remettre l'homme à sa place au travers d'exemples qui démontrent la richesse du monde animal, jusqu'à nous faire tendre vers l'accord de droits à des fleuves, on finit par perdre le fil et donc l'objectif réel du film. Le but est-il de faire prendre conscience au spectateur de l'impact de ses actions (mais Home le faisait mieux) ? De lui proposer une nouvelle manière de faire ou de penser (mais Demain, de Mélanie Laurent et Cyril Dion, en 2015, y parvenait plus sûrement) ? Ou bien s'agit-il de comprendre l'importance d'acquérir une nouvelle philosophie (mais le fouillis des propos et des thèmes abordés brouille complètement le message) ? En fin de compte, en faisant la part belle aux lobbys et en refusant de discuter des bienfaits et raisons des actions que l'humanité a menées pour en arriver à la situation actuelle, pour ne mettre en avant que des propos grandiloquents, soulignés par une musique et une bande-son pesante, ce film à la mise en scène pompeuse donne l'impression de durer des heures.
Informations techniques
Métrage : Long
Durée d'origine : 91
Couleur/NB : Couleur