Khatera est une jeune Afghane de 23 ans qui, sa vie durant, fut violée par son père jusqu’au jour où elle décide de livrer son calvaire lors d’une émission télévisée. Devant les caméras, elle évoque une vie faite de violences sexuelles, d’avortements successifs et de brutalité masculine. Les conséquences sont immédiates : les autorités afghanes incarcèrent le père. Khatera est en attente des audiences préliminaires au procès. Elle est enceinte de son père et est tenue de garder l’enfant comme preuve “à charge”. Elle vit recluse en compagnie de sa mère et de sa petite fille, qui est aussi sa sœur. La jeune femme est menacée de toutes parts par ses oncles, incitée à se taire par ses jeunes frères, mais aussi condamnée pour crime moral par la société. Elle est conseillée par une avocate confiante en l’issue de l’affaire. Le père de Khatera se défend et exhorte les membres de sa famille à incendier la maison de sa fille, obligeant cette dernière à déménager régulièrement. Les autorités tiennent à faire de ce procès un exemple. Les juges condamnent le père à la peine capitale sans statuer sur son exécution. Malgré le verdict, les trois femmes ne sont pas tirées d’affaire. Kathera donne naissance à un fils, mais ne parvient pas à l’abandonner. La famille part à la recherche d’un lieu qui la protégerait des regards désapprobateurs. Car si la justice l'a reconnue comme victime, Khatera reste perçue par la société afghane comme une “femme souillée”. Khatera part finalement s’exiler en France, où elle vit aujourd’hui.