Plongée dans la biographie et l’œuvre d’Ennio Morricone, le célèbre compositeur de musique de film. Le réalisateur Giuseppe Tornatore, qui travailla avec le maestro pour la plupart de ses films, a, pendant plusieurs années, parcouru le monde pour recueillir les témoignages de collaborateurs, musiciens, cinéastes, toutes personnes ayant travaillé ou fréquenté le musicien. De ses débuts comme trompettiste jusqu’à la consécration mondiale, en passant par le conservatoire, la variété, et enfin le cinéma, dont les pièces maîtresses sont analysées, le film raconte le parcours humain et artistique de l’homme aux plus de 500 œuvres pour l’écran. La vie de Morricone fut assez banale, épargnée par les tragédies personnelles et professionnelles. Tout au long de cette longue croisière biographique, on voit émerger, non pas un trauma initiatique, mais une blessure, maintes fois pansée par le succès, maintes fois rouverte par le doute, qui se traduit par un désir éperdu de reconnaissance de son travail par ses maîtres. Parmi ceux-ci, il y a son père musicien, qui lui mit une trompette dans la bouche dès l’âge de huit ans, et lui imposa un destin d’héritier. Autre figure tutélaire, le professeur Petrassi, mentor rencontré au conservatoire, qui mit longtemps à reconnaître le génie de son élève. Après s’être distingué comme arrangeur dans la variété italienne, en incluant quelques audaces dodécaphoniques, ses premières bandes originales, en 1961, et surtout sa rencontre avec Sergio Leone en 1964, l’assigneront pour le reste de sa carrière au métier de compositeur de musique de film. Ses nombreuses interventions nous font découvrir une personne timide, et donc parfois cassante, d’une grande émotivité. Extrêmement rigoureux dans ses méthodes de composition, il a su imposer aux cinéastes avec qui il a travaillé sa vision particulière de l’empreinte de certaines couleurs musicales sur la pellicule.