Toute une nuit sans savoir
Film
Identité
Type d'oeuvre : Cinéma
Année de sortie dans le pays d'origine : 2022
Date de sortie en France :
- 13/04/2022
Société(s) de production :
Description
Résumé
style="font-size: 10.0pt;font-family: 'Liberation Sans' , serif;color: black;">Les lettres d’une jeune fille, L., à son amoureux, K., sont retrouvées dans un carton d’une résidence étudiante du Film and Television Intitute of India (FTII), à Pune, près de Bombay. Une voix lit les textes qui racontent d’abord le quotidien des familles indiennes. L. relate sa vie sur le campus, où les étudiants militent pour la liberté d’expression et la justice sociale. Alors que L. reproche à K. de l’avoir quittée à cause de leur différence de caste, le mouvement étudiant est violemment réprimé par les forces de l’ordre. L. s’interroge sur son propre engagement alors que les étudiants de la JNU de Delhi affrontent eux aussi ouvertement le gouvernement Modi, accusé de fascisme... Résumer ce premier long métrage de la jeune réalisatrice indienne Payal Kapadia ne suffit pas à rendre compte de cette œuvre qui est tout à la fois un formidable travail de montage, poétique, nostalgique parfois, et un brûlot politique. Toute une nuit sans savoir, récompensé par l’Œil d’or du meilleur documentaire à Cannes en 2021, est un exercice de correspondances. Littéralement, puisque tout le récit est guidé par la lecture, en voix off, des lettres de L. Visuellement, ensuite, puisqu’il appartient au spectateur de “connecter” les images, fragments de vie étudiante et images d’archives. Fête étudiante, mariage... L., étudiante en cinéma au FTII, commente les événements qui secouent alors le pays et son campus, mais aussi son propre travail, ses aspirations, sa cinéphilie, invoque Godard, Pasolini, Tarkovski. C’est comme un long poème psalmodié, qui nous enveloppe, et tout à coup nous plonge dans une réalité glaçante. Étudiants en grève, campus vide. Un journaliste est lynché, un père a tué sa fille qui a osé épouser un homme d’une autre caste. “Et chaque image disparaît aussi vite et horriblement qu’elle est apparue”. Le sang imbibe les lettres de L., alors que se succèdent les images des révoltes étudiantes de 2016, nées dans le terreau de l’injustice et la soif de liberté. Si le contexte est familier aux Indiens, qui se souviennent forcément du mouvement, le plus important de ce début de millénaire, qui a vu descendre des dizaines de milliers de jeunes dans la rue, il l’est moins chez nous où les noms de Rohith Vemula (étudiant dalit qui s’est suicidé en janvier 2016 parce que, militant contre les castes, on lui avait retiré sa bourse d’études) et Kanhaiya Kumar (arrêté sur le campus de l’université de Delhi et emprisonné parce qu’il avait organisé une commémoration en faveur d’un indépendantiste du Cachemire, Afzal Guru, condamné à mort et exécuté) ne sont pas familiers. Aussi ce témoignage est-il d’autant plus nécessaire. Écran noir, respiration, et des images de vidéo-surveillance sur lesquelles les étudiants sont acculés, matraqués, frappés par la police : la nuit, territoire de fantasmes, est devenue celui de la violence. Des étudiants sont emmenés par les forces de l’ordre et “disparaissent” - “Alors ils m’ont bandé les yeux et ils m’ont mis dans une voiture”. L’année universitaire se termine, un professeur du FTII prend la parole : “Nous ne devons pas penser en noir et blanc”. Celui de Payal Kapadia est pourtant sublime et hante longtemps le spectateur.
Genre : Docu-fiction
Générique
Informations techniques
Métrage : Long
Durée d'origine : 97
Couleur/NB : Noir et blanc
Sonore/muet : Sonore
Consultation
Lieux de consultation du film et conditions d'accès :
- La Cinémathèque française (Bibliothèque) - Accès libre