Le Stade
Film
Identité
Type d'oeuvre : Cinéma
Année de sortie dans le pays d'origine : 2022
Date de sortie en France :
- 13/04/2022
Description
Résumé
Voici donc une plongée dans la saison 2020-2021 du Stade Toulousain, le club français de rugby le plus titré de l'Histoire, mené par son manager, Ugo Mola, à l'assaut des titres nationaux et européens. Les premiers instants du documentaire font davantage penser au générique d'une série télévisée qu'à une séquence sportive. Montage syncopé, musique lourde et pompière, noir et blanc glaçant : les réalisateurs surlignent la mentalité guerrière d'un groupe qui a pour objectif de tout gagner “pour marquer l'Histoire”. Le premier fait marquant est l'absence de personnages identifiables : seul Mola, au centre de l'attention, tient ici lieu de fil conducteur, fait le lien entre les matchs, engage l'énergie qui conduira au suivant, victoire après victoire. On retrouve là deux des écueils du projet : une dramatisation qui “fictionnalise” à outrance l'histoire, et un déficit criant d'incarnation, le groupe, composé de plus de trente membres, ne figurant guère que des plots sur des terrains sans couleurs ni adversaires. Par ailleurs, la saison en question est une année particulière : rencontres dans des stades à huis clos, masques omniprésents dans le staff et l'entourage du club... Les stigmates de la pandémie de Covid-19 hantent le plan. Cette donnée est pourtant éliminée de l'équation, le propos se focalisant sur les discours guerriers, virils et dénués de toute contextualisation, d'Ugo Mola. La mise en scène est à l'os, reprenant les codes des retransmissions de rencontres sportives, avec très peu de temps morts, pour figurer le rythme implacable d'un sport dans lequel on ne s'arrête jamais - même pendant les compétitions internationales, les remplaçants prenant alors le relais de ceux qui partent en sélection. Car, ce qui est néanmoins intéressant dans @Le Stade, c'est la professionnalisation (jamais nommée) qui a fait du rugby - qu'on s'efforce pourtant toujours de faire passer pour le refuge de valeurs censément perdues par d'autres sports - un monstre. Les blessures sont aussi au premier plan du film. À chaque nouveau round, un combattant tombe, abîmé par une lutte sans merci qui déchire les corps, les épaules, les talons d’Achille - comme lors de ce plaquage où, devant la caméra, un joueur subit une double fracture de la mâchoire. C'est cet angle mort qui, surgissant involontairement, donne un peu d'intérêt à ce récit martial, cette histoire d'hommes dans laquelle, en définitive, on apprend peu de choses sur le rugby - la faute à une répétition de poncifs qui échoue à saisir l'âme et les tourments d'un sport qui a grandi trop vite. À renoncer à s'attacher aux histoires individuelles, pour leur préférer le tableau d'un collectif qui prime sur l'humain, le film rate sans doute ce qu'il y a de plus intéressant dans l'évolution du rugby. L'idée même de figer dans le temps ce qui est un grand exploit sportif - un doublé rare et précieux pour le Stade Toulousain -, par le choix d'une photographie en noir et blanc, finit de dévitaliser une histoire qui, à trop vouloir les contenir, manquait déjà beaucoup d'émotions. @Le Stade ne parvient donc, hélas, jamais à dépasser le cadre du folklore, pour éluder tout ce qui aurait pu le faire briller.
Informations techniques
Métrage : Long
Durée d'origine : 107
Couleur/NB : Couleur