Roland Gori, une époque sans esprit

Film

Xavier Gayan

Année de production :  2021

Pays de production : France

Identité

Type d'oeuvre : Cinéma

Année de sortie dans le pays d'origine : 2022

Date de sortie en France :

  • 01/06/2022

Société(s) de production :

Description

Résumé


style="font-size: 10.0pt;font-family: 'Liberation Sans' , serif;color: black;">Si ces pages étaient celles du quotidien Libération, sans doute aurions-nous titré, comme le chantait Georges Brassens, “Gare au Gori !”. Prendre garde, oui. À la force et la pertinence d’une pensée subversive. À la mauvaise réputation, aux yeux du pouvoir et de son idéologie, de Roland Gori, psychanalyste et professeur émérite de psychopathologie clinique et auteur de nombreux livres, devenu - à l’échelle de l’intellectuel qu’il incarne, ne nous affolons pas ! - une star de YouTube où l’une de ses conférences au moins, La Fabrique des imposteurs, comptabilise un très considérable nombre de “vues”. Cofondateur avec Stefan Chedri du mouvement puis de l’association L’Appel des appels, Roland Gori fait donc l’objet du troisième long métrage de Xavier Gayan, réalisateur et documentariste né en 1975, et auteur en 2016 de Les Poètes sont encore vivants. Un film destiné à la salle de cinéma, un film écrit et monté par conséquent et non pas l’une de ces innombrables captations qui font le tout-venant de YouTube. Divisé en courts chapitres, constitué d’extraits d’un entretien que mène le cinéaste, d’extraits de cours, d’interventions ou de conférences, le film réunit également quelques-uns des proches et des fidèles de Roland Gori : la philosophe Barbara Cassin, avec laquelle il a co-signé L’Appel des appels - Pour une insurrection des consciences ; Marie-José del Volgo, son épouse, maître de conférence et praticienne hospitalière ; Richard Martin, directeur du Théâtre (Alexandre) Toursky de Marseille ; Sophie Marinopoulos et Henri Trubert enfin, fondateurs des éditions Les Liens qui libèrent. Tout naturellement, les titres de ces chapitres renvoient, à la manière de mots-clefs pourrait-on dire, à quelques-unes des idées autour desquelles s’articule la pensée de Gori, pour permettre finalement d’en révéler non seulement la cohérence mais la profondeur. Une pensée critique à n’en pas douter. Ainsi le film, comme les propos liminaires de Gori, s’ouvre-t-il par une réflexion sur la finalité de l’analyse, qui pourrait sinon s’apparenter à une critique en règle de son innocuité, donner du grain à moudre à ses contempteurs. Il n’en est rien. Sans être la seule bien entendu, celle-ci représente tout au contraire un formidable contre-exemple au système d’évaluations continuelles dans lequel est entrée notre société, à l’obsession de l’utilité et de la performance à laquelle nous voici forcés, à cette “perte du récit” qui nous frappe chaque jour un peu plus ; elle est l’un des obstacles potentiels à cette colonisation des cerveaux que le libéralisme, et le néo-libéralisme plus encore, ne cessent de mettre en place, de manière à faire de l’individu un capital, une petite entreprise, à l’enfermer dans le “cul-de-sac du profit”, ce qui ne peut que produire une forme de glaciation des relations sociales. Pour autant, la psychanalyse n’en est pas le sujet. Encore une fois, le film peut être compris comme une introduction à une pensée critique revigorante qui s’attache à mettre en évidence les liens entre la santé, le corps, la psyché, leurs pathologies, et le politique. Film qui, sans en avoir l’air, sans bander quelque muscle que ce soit, met lumineusement en scène une pensée lumineuse. 

Générique

Musique :

Équipe technique :

Production - Distribution :

Interprétation :

Informations techniques

Métrage : Long

Durée d'origine : 70

Couleur/NB : Couleur