Moonage Daydream
Film
Moonage Daydream
Identité
Type d'oeuvre : Cinéma
Date de sortie en France :
- 21/09/2022
Numéro RCA / VISA : 157830
Classification :
- Tous publics - 27/09/2022
Société(s) de production :
Description
Résumé
Brett Morgen (Montage of Heck) consacre à David Bowie cette rêverie lunaire, un film de montage, qui a nécessité cinq ans de travail, et a bénéficié d’un accès libre à la totalité des archives de la star. L’approche se concentre sur l’homme, ses obsessions, l’aura mythique qui l’entoure. Bowie est le seul intervenant, en voix off, ou lors d’entretiens. Le film avance chronologiquement, avec des focus sur des moments clés de sa carrière : Ziggy Stardust, la dérive américaine, le retrait berlinois, la starification 80’s, et le regain créatif des années 1990. Bowie parle, évoque ses influences, son rapport au monde, à la célébrité, sa créativité polyvalente, ses névroses familiales. Pour soutenir la narration de ce Bowie raconté par David, Brett Morgen orchestre, en virtuose parfois complaisant, un maelström d’images où se bousculent extraits de films, documents d’actualité, clips vidéo, séquences animées, et, heureusement, beaucoup d’archives, souvent inédites, parmi lesquelles se nichent quelques trésors. Entre un Hello Spaceboy inaugural, puis conclusif, on découvrira quelques chansons, coupées au montage, sans doute pour des questions de droit, tirées du film Ziggy Stardust de D.A. Pennebaker, les clips des années 1970 réalisés par Mick Rock ou David Mallet, des reportages télévisés sur son séjour en Allemagne, une captation de son interprétation de John Merrick sur scène, entre autres perles. L’épopée dure 2h20, remplie à ras bord. Et même si le travail de montage laisse admiratif, le spectateur en ressort sur la durée sonné par ce qui prend parfois la forme d’une David bouillie. La technique du cut-up, empruntée à William S. Burroughs, essentielle dans l’écriture de certaines chansons, et non des moindres, devient, transposée à l’image, un bombardement visuel dont l’accumulation hétéroclite noie le sens. Et le musicien, où est-il passé ? N’oublions pas qu’en plus d’être un penseur, un commentateur prolixe de la marche du monde, ou un peintre... intéressant, Bowie est notamment à la tête d’un corpus musical dont on est loin d’avoir bouclé l’exégèse. Ce ne sera pas pour cette fois. Une impasse regrettable due au parti pris initial du réalisateur, et qui rend le film souvent frustrant. Car le génie de Bowie, son aura, viennent aussi de sa capacité à tirer le meilleur de ses collaborateurs, à populariser des approches avant-gardistes, à renouveler ses méthodes de composition. Et pourtant, seul Brian Eno est cité. Pas un mot, entre autres, de Mike Ronson, chef d’orchestre des Spiders From Mars, de l’indispensable Tony Visconti, son producteur, d’Iggy Pop, Lou Reed et tant d’autres. Cette regrettable amputation dans la cosmogonie bowienne, l’absence de contre-champ dialectique, laissent donc toute la place à d’autres considérations sur le monde comme il va qui pourront paraître moins intéressantes pour les admirateurs de l’œuvre musicale, ses mystères, ses fulgurances, et ses impasses. Voilà pourquoi, malgré quelques épiphanies, le film réussit l’exploit d’être à la fois trop long, et un peu court.
Genre : Documentaire
Générique
Informations techniques
Métrage : Long
Durée d'origine : 135
Couleur/NB : Couleur