Nahnou men Hounak

Film

Loin de chez nous

Wissam Tanios

Année de production :  2020

Pays de production : Liban

Identité

Autres titres :

  • We Are from There (Titre international)

Type d'oeuvre : Cinéma

Date de sortie en France :

  • 10/08/2022

Société(s) de production :

Description

Résumé

« T’as déjà fait des adieux. T’as fait quoi, après ? », demande Milad à son cousin Wissam, qui le filme. « J’ai changé pour toujours. - Voilà ! ». Alternant images privées de la famille Khawam, interviews posées ou à la volée, moments de pause et déplacements de la Syrie au Liban puis à Stockholm pour Jamil et à Berlin pour Milad, cadres fixes et travellings sur un tempo pulsionnel, ce premier film de Wissam Tanios, tourné entre 2015 et 2019 et achevé en six semaines à Los Angeles dans le cadre d’une résidence au Global Media Makers, aurait pu n’être qu’un énième opus sur l’émigration. Par un édifiant oxymore et avec une puissance confondante, sans que cela ne soit jamais formulé autrement que par les attitudes et confidences des deux frères comme de Wissam, ce documentaire élève son propos par sa façon de nous plonger au plus profond de l’âme humaine. Une exploration qui eût ravi Karl Jung tant y fourmillent les archétypes les plus enfouis de ce qui nous meut et a fondé nos civilisations. En effet, s’ouvrant sur les sons déchirants d’une trompette donnant des allures d’Ascenseur pour l’échafaud (1958) à leur double périple... pour se boucler sur un concert triomphal de Milad et un retour au métier familial pour Jamil, ce brillant documentaire interroge l’itinérance et la sédentarité, l’exil et la conquête d’une nouvelle terre, le dépouillement et la reconstruction, la famille et la solitude, les traditions, etc. Le tout sur fond de guerre, de menuiserie familiale, de pays d’origine devenu mythe du fait d’un impossible retour et, plus que tout, via deux destinées aussi radicalement opposées que liées par l’amour et le lien du sang. « On n’a pas la même façon d’être heureux », constate, mi-amer, mi-résigné, Jamil qui, dans la séquence suivante, se réjouit de retrouver Milad en visioconférence. Étrangement, des décors aux vêtements et objets, même les couleurs font « naturellement » sens : chaudes (rouge, brun, orange, sombres) pour l’affectif et artiste Milad, froides (bleu, blanc, gris...) pour le rationnel Jamil. « Je les envie tous les deux, je ne me sens pas prêt à faire pareil », confie de son côté Wissam en voix off. L’enjeu est donc bien là : comprendre ce qui pousse à partir ou à rester. À affronter, endurer et croire malgré tout en un avenir meilleur. « Regarde ces murs, tu y verras notre Histoire », murmure la voix de Jamil tandis qu’à l’image défilent son père, son oncle, leur menuiserie et eux enfants. Le secret résiderait-il dans une famille aimante et la transmission liant les générations ? « Papa est dans ce bois », assène Jamil revenu au métier de ses aïeux tandis que Milad, lui, achève de composer un morceau appelé L’Atelier. Plus enfouie, il y a aussi cette espérance qui les guide dans cette région qui engendra « Le Livre ». Ce qu’illustre joliment le chant de Noël berçant l’arrière-plan alors que Wissam retrouve sa trompette apportée par son cousin. « Putain de vie ! », en lâche-t-il remué entre pudeur et trop-plein de sentiments. Ainsi va ce film profondément animé par la joie du cœur, alternant rires et larmes, drames et jeux, à l’image de cette séquence où Milad, enfant, hésite entre pleurer et s’amuser après s’être coincé sous son lit en jouant. Remuant.

Genre : Documentaire

Générique

Écriture :

Musique :

Équipe technique :

Production - Distribution :

Interprétation :

Informations techniques

Métrage : Long

Durée d'origine : 82

Couleur/NB : Couleur

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